

Alors qu'il commence sa tournée sud-américaine par le Brésil, l'orchestre toulousain, accompagné du pianiste Bertrand Chamayou, a ravi les mélomanes paulistes et cariocas lors de ses premières représentations
Créé à la fin du XIXème siècle afin d'accompagner l'opéra de Toulouse, l'Orchestre National du Capitole a affirmé sa vocation symphonique au milieu du XXème siècle. Il est actuellement considéré comme étant l'un des trois plus grands orchestre français, avec celui de Paris et de l'Opéra de Paris. L'arrivée de Michel Plasson - un des chefs d'orchestre français les plus célèbre - en 1968 donne une dimension internationale à l'ensemble, puisque sous sa direction des enregistrements de disques sont réalisés (Carmen avec la soprano Angela Gheorghiu et le tenor Roberto Alagna par exemple), et des tournées internationales organisées. Le succès se fait tant public, que critique.
De jeunes talents
Depuis 2008, l'ensemble est dirigé par le chef d'orchestre russe Tugan Sokhiev, dont la réputation n'est plus à faire malgré son jeune âge (il a tout juste 35 ans). Le Guardian décrit d'ailleurs sa performance lors d'une représentation londonienne de L'Après-midi d'un faune et de la Symphonie fantastique comme étant ?pleine de hardiesse, d'impétuosité et d'élégance?. Sous sa direction, la formation n'a pas failli à sa réputation lors des deux représentations données à la Sala São Paulo, ainsi que celle proposée au Teatro Municipal de Rio de Janeiro.
Le toulousain Bertrand Chamayou a été invité à se joindre à l'orchestre en tant que soliste au cours de cette tournée en Amérique du Sud. Ce jeune pianiste né en 1981 a été formé par les plus grands. Il a joué sur les scènes de la salle Pleyel, du théâtre des Champs-Elysées, au Wigmore Hall à Londres, ou encore au Lincoln Center de New York. Son travail est amplement acclamé ; il a été primé au prestigieux Concours International Marguerite Long-Jacques Thibaud, et a reçu deux Victoires de la Musique (de la meilleure Révélation en 2006, et du meilleur soliste instrumental en 2011).
France et Russie au programme
Si l'on ajoute à ces deux talents un grand orchestre, on obtient une prestation d'excellente qualité. Deux programmes ont été préparés afin de ne pas jouer les mêmes morceaux deux soirs de suite. La France était à l'honneur de la première soirée, puisque le Prélude à l'Après-midi d'un faune de Claude Debussy, le Concerto pour piano et orchestre en sol majeur de Maurice Ravel, ainsi que la Symphonie fantastique d'Hector Berlioz ont enthousiasmé le public.
La même maîtrise impeccable était à noter le lendemain lors de l'exécution de l'ouverture de Kovantchina de Modest Mussorgsky, du Concerto n°1 pour piano et orchestre de Franz Liszt et Les Tableaux d'une exposition du même Mussorgsky, orchestré par Maurice Ravel pendant la seconde soirée.
Une standing ovation a salué la performance des musiciens. Les longs applaudissements des spectateurs ont été récompensé : alors que Bertrand Chamayou les a régalés avec une dernière symphonie de Liszt, Tugan Sokhiev et son orchestre ont fini de conquérir le public avec l'ouverture de Carmen de Bizet et La Danse russe de Casse-noisette de Tchaikovski.
Amélie PERRAUD-BOULARD (www.lepetitjournal.com ? Brésil) lundi 21 mai 2012





