

De passage à São Paulo pour le lancement de l'exposition intitulée "Dialogues avec Jean Plantu", le dessinateur et journaliste en a profité pour dialoguer avec ses homologues brésiliens, le public et la presse. Rencontre avec Plantu, le piquant et non moins sympathique agitateur des chroniques du Monde
"On n'a pas besoin d´une grande fresque pour communiquer." C´est ainsi que Plantu s´adresse à une quarantaine d´élèves du lycée Pasteur. Tout en dessinant « Sarko » en Napoléon, en « p´tit marin » ou en « Louis XIV », le dessinateur le plus connu du Monde déclame devant un auditoire très attentif que le langage de l´image conforte ce que vous avez appris dans l´écriture. "Moi, ma phrase, elle est graphique raconte-t-il. Je commence par exemple par dessiner l´Amérique du Sud et l´Amérique du Nord, je pense aux mouettes mazoutées, et en finalité mon dessin représentera la carte de l´Amérique se confondant avec cet oiseau pollué...Ça fait une phrase."
Laisser penser son crayon
Plantu publie ses dessins dans le journal Le Monde depuis 1974. "Tous mes dessins en première page du Monde paraissent au milieu d´articles très sérieux, leur force est d´autant plus grande, le message est d´autant plus fort... Le dessin est porté par le journal." Le dessinateur captive son auditoire en réalisant sur des transparents François Mitterand, Carla Bruni, Jacques Chirac et bien entendu Nicolas Sarkozy. A la question posée sur sa liberté d´expression, Plantu répond que pendant un certain temps, il a été contraint de dessiner en fonction d´une commande. "Ce n´est plus le cas aujourd'hui, je fais des propositions en fonction de ce qui me paraît important dans l´actualité, mais pour autant je m´interdis certains sujets."
Cartooning for peace
Plantu s´auto-censure, il se refuse d´aborder la vie privée des femmes et des hommes politiques. "Je n´y touche pas, de la même manière je ne parlerai pas de la maladie. J´ai la chance de pouvoir dessiner ce que je veux. Par contre, il y a des endroits sur la planète où le dessinateur risque sa vie. C´est pour cela qu´à l´ONU nous avons créé la fondation Cartooning for Peace / Dessins pour la Paix." La parution des caricatures de Mahomet et la violence extrême qu´elle a déclenchée contre les caricaturistes a mené grâce à Plantu, avec le soutien de Kofi Annan, à la création de cette fondation. "Les dessinateurs de presse se confrontent chaque jour aux conflits, à la pauvreté, aux injustices. Leurs dessins deviennent alors une atteinte insupportable aux convictions, au pouvoir des uns ou des autres." Michel Kichka (Israël), l´un des dessinateurs membre de la fondation fait dire à un personnage de l´un de ses dessins que « la liberté d´expression, c´est faire couler de d´encre, pas faire couler du sang ».?
Joseph SIVIERI (www.lepetitjournal.com) lundi 4 octobre 2010
"Dialogues avec Jean Plantu", du 24/09 au 30/10/10
du lundi au vendredi de 10h à 22h, le samedi de 9h à 18h
au SESC Consolação
rua Dr. Vila Nova, 245 - Vila Buarque
São Paulo - SP??
L'exposition, intégrée dans le programme de la 29ª Biennale Internationale de São Paulo, réunit les ?uvres de Plantu aux côtés de celles des dessinateurs de presse brésiliens Chico Caruso (O Globo), Angeli (Folha de São Paulo) et Loredano (O Estado de São
Paulo).??
http://www.sescsp.org.br/sesc/revistas





