

Le spectacle est de toute beauté et vaut le déplacement, mais préparez-vous à un choc ? visuel et thermique ! Autant le hall de la FAAP est une enceinte chaude, inondée de lumière, avec ses vitraux magnifiques et ses reproductions - en taille réelle - des gigantesques statues des prophètes du sculpteur brésilien Aleijadinho, autant l'espace réservé à l'exposition est, lui, placé dans l'obscurité la plus complète. On descend une rampe qui plonge dans un trou béant, noir comme le charbon (sols, murs et plafond) avec pour seules taches de couleur, un divan et des fauteuils en velours cramoisi. Il y fait un froid de canard car la climatisation est à fond. Mais rassurez-vous, le tout est intentionnel afin de donner un côté dramatique et théâtral à la chose.
Le drame, la passion, le rouge et le noir, les tissus bariolés et la passementerie, les dentelles et le velours, tout cela fait partie intégrante de l'enfance de Christian Lacroix qui est né en 1951, à Arles - berceau de la Provence, non loin de la Méditerranée et de l'Espagne. Toutes ces influences se mêlent et s'entremêlent à l'imaginaire de l'enfant qui grandit entre les musées et le théâtre, l'opéra et les corridas, mais aussi sur fond de fêtes traditionnelles de la région. Très tôt, il essaie de reproduire les costumes de tous ces personnages, inventés ou réels. Il étudie l'histoire de l'art à Montpellier, puis monte à Paris pour fréquenter l'Ecole du Louvre. Son sujet de thèse sera d'ailleurs sur les costumes des tableaux des peintres du XVIIème siècle.
Croquis de Christian Lacroix, en vente à la boutique du MAB
Créativité, excentricité, virtuosité
Suite à une double rencontre providentielle avec, d'une part, Françoise Rosenthiel (qui deviendra son épouse par la suite) et d'autre part, Jean-Jacques Picart (attaché de presse des grandes maisons de couture parisiennes), la mode entre définitivement dans la vie de Christian Lacroix dans les années 1970. Il travaille notamment pour Hermès et Patou avant de fonder enfin sa propre maison en 1986. Sacré alors grand couturier, il ne perd pour autant son talent inné de costumier.
L'exposition rassemble une centaine de costumes parmi les plus emblématiques des pièces de théâtre et d'opéra-comique, des comédies musicales et des ballets classiques dont on lui a confié la réalisation. On y retrouve les personnages fascinants de Panope (Phèdre), de Desdémone et Iago (Othello), mais aussi de Laurette (La Nuit Vénitienne) ou encore de Lady in Red (Gaieté Parisienne). Sketches et croquis sont également présentés sous verre. Deux écrans montrent les étapes de fabrication de ces véritables ?uvres d'art (couturières, petites mains, brodeuses, chapeliers, etc.). Enfin, au centre, un espace circulaire où sont disposés deci delà des mannequins sur un sol jonché d'?illets, sa fleur préférée car elle lui rappelle sa terre natale et l'Espagne. On entend d'ailleurs au loin, les coups de talon furieux d'une danseuse de flamenco ! Suspendus en l'air, des tutus dansent une valse ininterrompue... On s'émerveille ! Mais courrez-y vite, il ne reste que 10 jours !
Marie-Gabrielle BARDET (www.lepetitjournal.com - São Paulo) vendredi 23 octobre 2009
Le MAB
Rua Alagoas, 903 ? Higienópolis (près de la Place Vilaboim)
Entrée gratuite. Ouvert du mardi au vendredi de 10h à 20h, samedi, dimanche et jours fériés de 13h à 17h. Attention : fermé les lundis
Profitez de la visite en couple ou en famille !
Venez avant de déjeuner mais surtout, amenez une petite laine (froid glacial). Passez à la boutique du MAB après l'expo (catalogue et croquis de Christian Lacroix en vente)
Traversez la rue pour dévorer un sandwich (tous excellents) et boire un jus de fruit frais (liste impressionnante) au BACURI, en terrasse.
Pour finir en beauté, choisissez un café, une glace ou des chocolats à la boutique Kopenhagen, en face.
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