

Le quartier japonais de São Paulo a toujours une belle cote de popularité. Il faut reconnaître que son histoire n'est pas commune.
Le nom Liberdade, donné au quartier japonais de São Paulo, provient de l'époque de l'abolition de l'esclavage. Dans le passé, il a été la scène de nombreux conflits, et son histoire ne manque pas d'anecdotes.
Entre histoire et légendes...
Dans le passé, le quartier s'appelait "Campo de força". L'histoire et les légendes se mêlent souvent. L'histoire nous indique que le soldat Francisco José das Chagas a été condamné à mort en 1821 pour s'être rebellé contre le retard des salaires. La légende, de son côté, affirme que son exécution, sur la place publique, a été un grand spectacle. La corde s'est rompue trois fois, le peuple considérant que c'était un miracle, et le reconnaissant comme héros. Battu à mort, il a été enterré dans le "cimetières des esclaves"de Liberdade.
En 1864, l'ouverture de la route "Estrada do Vergueiro" rejoignant Santos et Santo Amaro provoque le développement de ce quartier.
La transformation asiatique
Au début du 20e siècle, le quartier change totalement de style. Le 18 juin 1908, l'arrivée au port de Santos du navire Kasato-Maru apportant les 782 premiers immigrants japonais en terre brésilienne provoque le destin de Liberdade. Ils arrivaient de Kobe, et venaient "faire l'Amérique", soit travailler dans les champs de café, mais peu ont réussi à s'adapter et ils sont retournés s'installer à São Paulo. Par la suite, 30 navires ont débarqué, et le quartier a peu à peu pris son image actuelle orientale.
Dans les années 1920-1930, le quartier représentait la prospérité. On y jouait au Yakyu (baseball) le week-end, les enfants étudiaient en langue japonaise, on y lisait en japonais et on dégustait diverses spécialités dans les restaurants.
La guerre puis le calme
En 1941, les journaux japonais sont interdits. En 1942, avec le début de la guerre du Pacifique, le gouvernement 
Avec le départ de beaucoup de Japonais vers d'autres quartiers, Liberdade commence à voir l'arrivée de Chinois et de Coréens. 1969 est l'année de la véritable transformation de cette zone, grâce à l'idée du journaliste Randolfo Marques Lobato, à l'époque président de l'Union des habitants du quartier. Il propose de relooker le quartier : on y change les plaques des rues, Osaka envoie un immense portail, et grâce aux commerçants, le quartier reçoit des décorations orientales et des lanternes Suzurantô. Avec sa concentration de restaurants, la rue Tomas Gonzaga reçoit le surnom de "aji no suzuran dôri": la rue des saveurs.
Aujourd'hui, lorsque l'on se promène à Liberdade, on a toujours cette impression d'être très loin, et de découvrir la culture du pays du Soleil levant. Le week-end tout particulièrement, quel plaisir d'aller passer quelques heures au Japon !
Julie LE PHUEZ (www.lepetitjournal.com - Brésil) Rediffusion
*Photos : Marcio Cabral de Moura (Photo 1) / Daniel Mitsuo (Photo 2) / Flickr
- Lire notre article sur les Nikkeis, les immigrés japonais au Brésil
A voir
Rua Tomaz de Lima, vous trouverez le Museu da Associação Okinawa Brasil, en hommage aux premiers japonais arrivés au Brésil (ouvert du lundi au samedi de 9h à 18h). Le Centre d'études nippo-brésiliennes situé Rua São Joaquim 381, vous ouvrira les portes de sa bibliothèque.





