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Prendre un selfie avec le cadavre d’une baleine

Par Adrien Filoche | Publié le 22/02/2018 à 14:36 | Mis à jour le 22/02/2018 à 14:55
Baleine, Chili

La pratique, macabre et indigne, n’est malheureusement pas si inhabituelle. Lundi dernier, sur une plage chilienne, des passants se sont « amusés » à taguer une baleine agonisante, avant de se prendre fièrement, le sourire aux lèvres, en photo sur son cadavre. 

Situation : un homme ou un animal est en danger. Que faire ? Prendre une photo ou une vidéo, évidemment. C’est ce que se sont enchantés à faire lundi dernier des fouineurs à la curiosité mal placée, après qu’une baleine bleue se soit échouée sur le rivage de la plage de Punta Delgada. Bien que la petite ville du sud du Chili n’abrite qu’une centaine d’habitants, l’affaire n’a pas tardée à s’ébruiter.    

 

Un scandale relayé par les médias et les réseaux sociaux

L’image n’a pas échappé au spectre et à la levée de boucliers des réseaux sociaux. Partage, tweet, retweet. L’affaire prend de l’ampleur, jusqu’à se retrouver dans les unes des chaînes de télévisions et des journaux locaux. « Deux femmes ont mutilé une baleine échouée, avant de se photographier sur le cadavre de l’animal, en train d’agoniser. Des images indignes », a commenté le journal régional Crónica. « L’attitude de ces gens a indigné les réseaux sociaux et les ONG, en cette Journée mondiale de la baleine », enchaine El Día. Car oui, le hasard ne fait pas toujours bien les choses… Ces photos ont été prises quelques heures à peine avant la commémoration de l’événement. 


La baleine bleue toujours menacée d’extinction 

Au début du XXème siècle, quelques 250.000 baleines bleues parcouraient les océans du globe, selon WWF (World Wide Fund). En 1966, la communauté internationale signe un traité afin de protéger l’espèce. Mais 20 ans plus tard, l’UICN (Union Internationale pour la Protection de la Nature) classe l’espèce sur sa liste rouge et la considère en danger d’extinction. Victime de la surpêche, l’espèce ne compte aujourd’hui plus que quelques milliers d’individus.

Sous couvert d’une « chasse scientifique », qualifiée de chasse commerciale déguisée par de nombreuses ONG, des pays comme le Japon ont longtemps poursuivi leurs activités de pêche. Ce n’est qu’en 2014 que la Cour de Justice Internationale ordonne à l’Archipel Nippon de cesser sa traque à la baleine. 

Concernant l’animal échouée sur la plage chilienne, les autorités ont envoyé une équipe sur place afin de déterminer les causes de la mort du spécimen. Pour le moment, les examens menés par les biologistes n’ont rien donné. D’après les premières analyses, la baleine était en parfaite santé avant de s’échouer. Elle ne présente aucune blessure apparente, sauf celle d’avoir était taguée « Je t’aime Ana » par des passants… 

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Adrien Filoche

Étudiant en Mastère de Journalisme spécialisation Internationale à Nice, je suis depuis janvier 2018 au sein de la rédaction de Paris du petitjournal.com
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