Édition internationale

RENCONTRE - Pamela Rodriguez fait bouger l’éducation spécialisée

Écrit par Lepetitjournal Santiago
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 janvier 2018
Poursuivant nos récits de Chiliens qui ont étudié en France, rencontre avec Pamela Rodriguez, éducatrice et sous directrice de l'école d'éducation spécialisée de l'Universidad central de Santiago

(photo DR)
En 3 ans passés en France, il y a 20 ans, dont une année à étudier la psychomotricité, discipline inexistante au Chili, Pamela Rodriguez n'a pas seulement appris à considérer l'enfant handicapé différemment. C'est toute sa vie qui a changé, dit-elle.
Diplômée en 1981 d'éducation spécialisée à l'Universidad de Chile, elle suit alors pour deux ans une famille chilienne avec six enfants, au Maroc, en tant qu'institutrice particulière : "Le matin, je travaillais avec l'une de leur fille handicapée mentale, l'après-midi avec l'un des garçons qui avait des difficultés d'apprentissage", se souvient-elle. C'est là qu'elle prend contact avec le français par le biais de l'Alliance française où elle prend des cours.
Mais sa vraie motivation pour aller en France, c'est Bernard Aucouturier, fameux psychomotricien et professeur de l'Ecole normale de Tours qui la lui donnera, lorsqu'elle suivra l'un de ses stages à Madrid. "J'ai été fasciné par son travail. Avec tout son groupe international, il proposait, dans la foulée de 1968, une approche globale de l'individu qui incluait l'émotionnel et l'affectif. C'était très différent de ce que l'on m'avait enseigné au Chili, qui était fortement inspiré des Etats-Unis. A savoir : une vision instrumentale du corps. On se focalise sur ce qui ne marche pas sans prendre en compte l'individu dans son ensemble. Un bras marche mal ? On le rééduque, indépendamment de l'individu qui le porte", résume-t-elle.
Et à partir de là, Pamela se lance dans une analyse comparative des sociétés française et chilienne. La première attachée à la liberté et qui, selon elle fournit à ses citoyens les structures mentales qui permettent ensuite d'être créatif et libre, et la seconde qui, toujours selon ses conclusions, s'attache à l'autoritarisme par peur des débordements, confondant la liberté et le laisser-aller.

"Les Françaises sont stoïques"
La voilà donc accueillie en 1984-85 comme stagiaire, à Tours, pendant un an, dans l'équipe de Bernard Aucouturier. Ce dernier connaissait déjà le Chili où il avait été invité par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Son stage sera suivi d'une recherche et finalement validé comme spécialisation en psychomotricité relationnelle, par l'Ambassade de France.
Entre temps, elle a rencontré son futur mari, un Chilien, qui faisait sa maîtrise de cinéma. Et la question du retour au Chili, les visas expirant, s'est vite posée. Et soldée par un retour effectivement. Mais les ponts n'ont jamais été coupés : depuis 20 ans, deux de ses meilleures amies sont Françaises : "une fois qu'ils vous adoptent, les Français se livrent vraiment et sont extrêmement fidèles", déclare-t-elle, confiant son admiration pour les femmes qui là-bas "travaillent énormément sont très stoïques et ne se plaignent pas".
Sophie ROUCHON. (www.lepetitjournal.com - Santiago) mardi 24 juin 2008
logofbsantiago
Publié le 24 juin 2008, mis à jour le 9 janvier 2018
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