

Cette année, l'épidémie de dengue est particulièrement intense dans la région de São Paulo, mais également à Rio où notre valeureuse contributrice a été touchée. Elle confie son témoignage sur les symptômes et comment elle s'est sortie de cette redoutable infection virale.
Tomber malade au Brésil : la chose que je redoutais le plus lors de mon année d'expatriation. Bien sûr, j'étais partie avec tous les médicaments possibles pour me préparer à ce que cela arrive et puis je croisais les doigts pour que jamais cela ne se réalise.
Raté, c'est à la fin du mois de mars, un samedi que j'ai commencé à me sentir fatiguée. Mais vraiment fatiguée et toute courbaturée. Je me couche, me repose, me dis que ça va passer. Le soir, cela empire : j'ai de la fièvre. J'ai chaud puis froid (au Brésil !). Je demande à ma mère des conseils, un peu paniquée. Elle me répond que cela ressemble bien à une grippe tropicale. Sans le savoir, elle avait déjà raison.
Plus de cinq jours de symptômes étranges
Deux puis trois jours passent, j'ai des phases où cela va mieux, je sors même prendre l'air toute contente, et des moments où je rechute, plus rien ne va. Mes yeux me font mal quand je les bouge, je n'ai plus d'appétit, plus soif.
Une nuit, la "douleur" est arrivée à son paroxysme. J'avais des fourmillements insupportables dans les mains et les jambes. Il fallait sans cesse que je les bouge. Une nuit blanche mémorable. Le matin, excédée par plus de cinq jours de symptômes étranges et qui ne semblaient pas passer, je décide d'aller consulter. La chose à ne pas faire est de regarder ce qu'on pourrait avoir sur Internet. Vous vous trouverez toujours des maladies incurables.
Je vais donc consulter le médecin du consulat français, à quelques pas de Cinelândia, dans le Centro de Rio. Première tentative, j'y vais toute seule, dans un excès de confiance. Je n'arrive pas au bout, évanouissement. Deuxième tentative, le lendemain : une copine m'accompagne. Nous patientons dans le petit cabinet médical.
Pas de traitement
Je suis rassurée car elle va pouvoir me dire ce que j'ai. En plus, c'est un médecin français, je vais vraiment pouvoir me confier et tout lui raconter. Mes symptômes : grosse fatigue, perte d'appétit, douleur oculaire, fièvre, fourmillements, vertiges importants. Et c'est elle qui remarque le dernier symptôme : plaques rouges sur les bras et jambes. Elle pense tout de suite à la dengue. Très étonnée par son verdict, que je ne suspectais pas du tout, je m'empresse de lui demander si c'est grave, si on peut en mourir. Ce nom me fait peur !
Par mesure de prudence, elle me prescrit des analyses sanguines afin d'être sûre de ma maladie. Puis elle me rassure : la dengue n'est pas une maladie mortelle. Mais il n'y a pas de traitement et c'est très pénible. Une semaine de symptômes forts et douloureux, suivie de quelques semaines de fatigue et de troubles de la vision en ce qui me concerne (à cause de la forte fièvre). Le seul remède : boire beaucoup (deux à trois litres d'eau par jour, car on se déshydrate vite), manger bien et prendre du Doliprane.
Des consultations et analyses sanguines coûteuses
La consultation de quelques minutes n'est pas donnée : compter en moyenne 340 réais (environ 100 euros). Mais c'est indispensable pour mettre un nom sur la maladie et cela rassure beaucoup. Les deux analyses sanguines prescrites pour vérifier que je n'avais pas d'autres problèmes et si j'avais bien la dengue m'ont coûté en moyenne 450 réais (faites au laboratoire Richet : Barra, Botafogo, Centro, Copacabana, Ipanema, Tijuca).
Comme indiqué, au bout de huit jours de vives douleurs et d'épuisement, la maladie s'est envolée. J'avais l'impression de revivre à nouveau. Maintenant, je suis devenue une utilisatrice quotidienne de l'anti-moustique. Je me calmerai sans doute d'ici quelques semaines. Un conseil tout de même : protégez-vous bien, surtout en temps de pluie comme maintenant. Ces moustiques agissent durant cette période et de jour. Un autre conseil : même si cela représente un coût, n'hésitez pas à aller consulter, la santé reste le plus important, surtout à l'étranger où tout prend une proportion plus grande.
Léa GUIRAND (www.lepetitjournal.com - Brésil) lundi 27 avril 2015
*Illustration : Sanofi Pasteur / Flickr







