

Vendredi dernier s'est achevé un stage d'une semaine au Bataillon de police militaire du “Choque“ de Rio. A deux pas du Sambodrome, les policiers brésiliens ont été formés à la gestion des manifestations par une équipe de la police nationale française. Lepetitjournal.com a assisté à la démonstration finale.

A l'origine de cet échange, il y a Bernard Delbé, attaché de sécurité intérieure adjoint à l'ambassade de France à Brasilia, pour qui les Brésiliens “ont des bases dans ce domaine comme dans d'autres, ont une doctrine différente de la nôtre, même si elle est similaire à bien des égards“. L'objectif prioritaire était d'enseigner “l'interpellation d'individus perturbateurs et violents au sein d'une foule pacifique“, une mission habituelle en France, mais “quelque chose de nouveau ici, qu'ils ont découvert l'an dernier avec les manifestations au moment de la Coupe des confédérations, avec les Black Blocs“. Le constat a été que “dans certains cas, ils ont été dépassés par ce phénomène“.
Au Brésil, les armes "utilisées d'entrée de jeu"
Pour gérer les manifestants, la Police militaire dispose, selon Bernard Delbé, “grosso modo de la même chose en armements et munitions, mais ils les utilisent beaucoup plus couramment que nous en France, où on les utilise quand on ne peut plus faire autrement. Ici, au Brésil, ils sont utilisés d'entrée de jeu“.
Pour le colonel Duarte, l'objectif pour le bataillon est clair : “C'est la préparation des Jeux Olympiques de 2016, en faisant 
L'image de la police brésilienne "largement négative"
L'exercice final a opposé une équipe de policiers équipés et armés à de faux manifestants, joués par leurs collègues. La mission du bataillon était d'utiliser les moyens selon la nécessité et, seulement en cas d'importantes violences, de charger, gazer et faire reculer des manifestants qui sont, il faut bien le dire, ressortis de l'exercice les yeux rouges et la gorge irritée. Les CRS français ont jugé la performance réussie.
Ces nouvelles techniques pourraient améliorer l'image de la police brésilienne qui, comme nous le confiait Bernard Delbé, “est largement négative d'après un sondage récent dont je ne connais pas la valeur“. Le policier français rappelle que “l'an dernier, ils ont eu de très grandes manifestations, et il y a eu très peu de dégâts. Les morts l'ont été lors d'accidents, qui n'ont pas été causés par les forces de l'ordre“. Le bilan de la semaine est donc positif, notamment parce que les Brésiliens “ont des facultés à apprendre, on a à faire à des éponges“. En espérant que le bataillon du “Choque“ n'ait pas forcément l'occasion de faire ses preuves d'ici l'ouverture des Jeux Olympiques.
Florent ZULIAN (www.lepetitjournal.com - Brésil) mardi 16 décembre 2014







