Édition internationale

REPORTAGE - La police de Rio entraînée par des CRS français en vue des Jeux Olympiques

Écrit par Lepetitjournal Rio de Janeiro
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 21 avril 2015

Vendredi dernier s'est achevé un stage d'une semaine au Bataillon de police militaire du “Choque“ de Rio. A deux pas du Sambodrome, les policiers brésiliens ont été formés à la gestion des manifestations par une équipe de la police nationale française. Lepetitjournal.com a assisté à la démonstration finale.

La France a une grande tradition de manifestations“. D'emblée, le colonel Fabio Souza, de la police militaire de Rio, justifie l'appel à la France dans le but de mieux gérer les foules. Pendant toute la semaine dernière, trois policiers français ont encadré le bataillon de “Choque“, jusqu'à la démonstration finale vendredi qui s'est avérée être une réussite.

A l'origine de cet échange, il y a Bernard Delbé, attaché de sécurité intérieure adjoint à l'ambassade de France à Brasilia, pour qui les Brésiliens “ont des bases dans ce domaine comme dans d'autres, ont une doctrine différente de la nôtre, même si elle est similaire à bien des égards“. L'objectif prioritaire était d'enseigner “l'interpellation d'individus perturbateurs et violents au sein d'une foule pacifique“, une mission habituelle en France, mais “quelque chose de nouveau ici, qu'ils ont découvert l'an dernier avec les manifestations au moment de la Coupe des confédérations, avec les Black Blocs“. Le constat a été que “dans certains cas, ils ont été dépassés par ce phénomène“.

Au Brésil, les armes "utilisées d'entrée de jeu"
Pour gérer les manifestants, la Police militaire dispose, selon Bernard Delbé, “grosso modo de la même chose en armements et munitions, mais ils les utilisent beaucoup plus couramment que nous en France, où on les utilise quand on ne peut plus faire autrement. Ici, au Brésil, ils sont utilisés d'entrée de jeu“.

Pour le colonel Duarte, l'objectif pour le bataillon est clair : “C'est la préparation des Jeux Olympiques de 2016, en faisant 

connaître au Choque la gestion française des foules, de la voir et de l'adapter“. Si les techniques sont différentes entre les deux pays, “sur plusieurs points, elles sont adaptables, et c'est l'objectif“, assure-t-il, ravi de collaborer avec une police “qui a déjà fait plusieurs entraînements au bataillon“. Des stages sur la même thématique ont en effet déjà eus lieu en 2009, 2011 et 2013, et l'ambassade de France en espère un autre l'an prochain.

L'image de la police brésilienne "largement négative"
L'exercice final a opposé une équipe de policiers équipés et armés à de faux manifestants, joués par leurs collègues. La mission du bataillon était d'utiliser les moyens selon la nécessité et, seulement en cas d'importantes violences, de charger, gazer et faire reculer des manifestants qui sont, il faut bien le dire, ressortis de l'exercice les yeux rouges et la gorge irritée. Les CRS français ont jugé la performance réussie.

Ces nouvelles techniques pourraient améliorer l'image de la police brésilienne qui, comme nous le confiait Bernard Delbé, “est largement négative d'après un sondage récent dont je ne connais pas la valeur“. Le policier français rappelle que “l'an dernier, ils ont eu de très grandes manifestations, et il y a eu très peu de dégâts. Les morts l'ont été lors d'accidents, qui n'ont pas été causés par les forces de l'ordre“. Le bilan de la semaine est donc positif, notamment parce que les Brésiliens “ont des facultés à apprendre, on a à faire à des éponges“. En espérant que le bataillon du “Choque“ n'ait pas forcément l'occasion de faire ses preuves d'ici l'ouverture des Jeux Olympiques.

Florent ZULIAN (www.lepetitjournal.com - Brésil) mardi 16 décembre 2014

lepetitjournal.com Rio
Publié le 15 décembre 2014, mis à jour le 21 avril 2015
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