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PORTRAIT DE CARIOCA – Carlos Araujo, le coiffeur phénomène de Santa Marta

Écrit par Lepetitjournal Rio de Janeiro
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 17 juillet 2014

Coiffeur depuis maintenant 15 ans, Carlos Araujo est l'une des figures de l'une des favelas les plus connues de Rio. Il raconte au Petitjournal.com sa passion pour son métier, ses activités extra-professionnelles, sa communauté et son désir de pouvoir un jour travailler en France.

S'il est très attaché à sa favela de Santa Marta, à Rio, Carlos Araujo vient du Paraíba, dans le Nordeste. Né il y a 36 ans d'une mère néerlandaise et de père inconnu d'origine indigène, le coiffeur manie l'art des ciseaux comme personne dans son quartier.

Carlos Araujo coiffe tous types de personnes : hommes, femmes et enfants. Les femmes restent tout de même sa spécialité : "J'adore coiffer les femmes. Il y a toujours matière à travailler. J'aime innover, inventer, créer et très souvent, elles me laissent carte blanche. De plus, les femmes sont toujours très intéressantes ! Bavarder avec les clientes est mon passe-temps favori !".

Sa passion pour la coiffure a commencé très jeune. Il aimait coiffer les peluches et les poupées. "J'ai appris la coiffure sur le tas à João Pessoa (Paraiba). Je n'ai jamais eu de réel apprentissage comme tous mes amis qui allait en école de coiffure. J'ai regardé, j'ai appris puis je me suis lancé", raconte-t-il.

Son plus grand rêve, la France
"Carlito", comme l'appellent ses amis, partage également ses rêves : "Mon plus grand rêve serait de couper les cheveux en France. La France représente pour moi le pays de la langue de Molière, de la gastronomie, de l'art et surtout la possibilité de pouvoir entreprendre tout ce que l'on veut. En France, si l'on s'en donne les moyens, on peut réaliser de nombreuses choses". D'ailleurs, le coiffeur confie ses goûts pour la peinture française : "Claude Monet est de loin le plus grand peintre de tous les temps". Côté musique, c'est plutôt la musique classique allemande qui l'emballe : "Rien n'est plus beau que la musique classique. Beethoven ? Je suis son plus grand fan?"

Malgré son amour pour les Brésiliens, Carlos Araujo cherche toujours à apprendre pour pouvoir un jour réaliser son rêve.

Depuis quelques temps, il suit des cours avec la maison L'Oréal à Rio. Cette année, il a même été récompensé lors d'un concours de coiffure au centre technique local de L'Oréal. Mais le coiffeur restera éternellement attaché à la communauté dans laquelle il vit. Santa Marta, aussi appelée "Dona Marta", a été la première favela pacifiée de la ville de Rio en 2008 et a notamment servi de décor au clip de la chanson They don't care about us de Michael Jackson.

"Je connais tout le monde à Santa Marta !"
"Je connais tous les moindres recoins du quartier. Je connais tout le monde à Santa Marta ! Si un jour je dois partir, mon quartier et mes amis me manqueront énormément", indique-t-il. S'il était un animal, il serait d'ailleurs un oiseau : "Un aigle, non pas pour son côté rapace, mais plutôt pour son côté attentif et veilleur. Je volerai au-dessus de tout le monde en gardant une vue sur mes amis et sur le quartier".

En dehors de son travail, Carlos aime sortir avec ses amis. Le poste 3 de Copacabana est le rendez-vous du dimanche. "Je suis le plus bavard de la bande ! J'ai toujours quelque chose à raconter ! La plage avec les amis, c'est le top. Mais j'aime également cuisiner pour eux. La cuisine, c'est comme avec la coiffure. Je cuisine de tout, je crée, j'innove?", explique-t-il. Alors n'attendez plus, Carlos Araujo vous fera partager ses qualités et sa bonne humeur à cette adresse : rua Marechal Francisco de Moura, 01, Santa Marta, Botafogo.

Pierre MICHAUT (www.lepetitjournal.com - Brésil) vendredi 18 juillet 2014

lepetitjournal.com Rio
Publié le 17 juillet 2014, mis à jour le 17 juillet 2014
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