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LE BIKINI – La bombe atomique qui révolutionna la mode brésilienne

Écrit par Lepetitjournal Rio de Janeiro
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

De l'explosion d'une bombe en juin 1946 dans un archipel des Iles Marshall, à un marché brésilien de plus de 1,5 milliard de dollars, petite histoire de ces deux pièces de tissu, symbole d'audace et de sensualité

Fin juin 1946, les États-Unis reprennent les essais nucléaires dans l'archipel de Bikini, dans l'Océan Pacifique. Le 5 juillet, à la piscine Molitor de Paris, le public découvre le bikini. Son inventeur, Louis Réard, un ancien ingénieur automobile, pousse l'audace jusqu'à donner le nom de l'île dont tout le monde parle à son innovation, espérant provoquer une explosion sur ce marché. À l'époque, son audace est si forte qu'il doit aller jusqu'à faire appel à une danseuse nue du Casino de Paris, Michèle Bernardin, seule mannequin acceptant de porter le fameux maillot. Car, si le maillot 2 pièces n'est pas totalement nouveau, le bikini se heurte aux m?urs de l'époque, pour lesquelles le nombril représente le summum de la sensualité.

L'explosion a lieu
À ses débuts, l'essor du bikini sera ainsi freiné par son interdiction dans la plupart des pays, soutenus par le Vatican. L'Espagne finira par lever l'interdiction en 1952, le pays ayant deviné le pouvoir d'attraction touristique de l'accessoire sur des plages de plus en plus attirantes.
Éternelles porte-- parole de la mode, ce sont toutefois les actrices du monde entier qui feront de ces deux petites pièces de tissus l'incontournable de l'univers du maillot.
Brigitte Bardot, tout d'abord, en 56, dans Et Dieu? créa la femme. Un bikini vichy parfaitement sobre aujourd'hui, mais explosif de sensualité à l'époque. En 1962, Ursula Andress, encore méconnue, rend le succès planétaire, dans James Bond et le Docteur No. Le petit bikini blanc finira par trouver preneur pour 60.000 euros aux enchères en 2001.
Au Brésil, à la fin des années 50, ce sont également deux actrices célèbres, Carmen Veronica et Norma Tamar, qui favoriseront la démocratisation du maillot, en rameutant les foules devant le Copacabana Palace. Le président Janio da Silva Quadros, arrivé au pouvoir en 1961 pour une période record de sept mois, décida d'interdire l'utilisation du maillot. Avec une tentative de règlementation des jeux de carte, il s'agit d'une des seules mesures de cet homme pas tout à fait équilibré (des ''forces occultes'' l'obligèrent à démissionner, selon lui), qui aurait pu rester sans effet, mais eut le mérite de susciter encore davantage le désir !

Le Brésil, royaume de la Moda de Praia


Les richesses naturelles du Brésil vont par la suite permettre au pays de devenir le référent mondial du maillot : le soleil (entre 140 et 200 heures par mois à Rio), les 8.400 kilomètres de plages, la culture brésilienne et le culte du corps constituent les ingrédients essentiels à l'explosion de la mode de plage, dont le bikini est l'élément fondateur.
Ainsi, de la démocratisation de l'utilisation du bikini découle la variété, qui va commencer avec l'arrivée du Tanga dans les années 70. Ce modèle (seulement une petite partie de la fesse est découverte), qui ferait rougir le moindre maillot français, est l'un des plus classiques et des moins osés selon les normes brésiliennes? Aujourd'hui, le bikini n'est plus simplement ''un type de maillot de bain constitué d'un soutien gorge échancré et d'une culotte triangulaire réduite''. La gamme est large : du modèle asa-delta (en forme de delta), au lacinho nas lateiras (n?uds sur les côtés), en passant par le mondialement connu fio dental , l'un des symboles de la plage carioca pour les étrangers.

Aujourd'hui, avec près de 300 millions de pièces fabriqués localement, le Brésil est l'un des plus grands marchés mondiaux. Mais avec seulement 10% de la production destinée à l'export, la place du pays dans l'économie mondiale du bikini reste toutefois encore très faible.
SB (www.lepetitjournal.com - Rio) vendredi 23 juillet 2010

lepetitjournal.com Rio
Publié le 23 juillet 2010, mis à jour le 13 novembre 2012
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