Édition internationale

ENTRETIEN - Jean-Michel Cousteau : "J’ai une fascination pour l’Amérique Latine"

Écrit par Lepetitjournal Rio de Janeiro
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 20 novembre 2012

A l'origine de la Fondation Ocean Futures Society en 1999, Jean-Michel Cousteau suit le chemin de son père, Jacques Cousteau. Dès l'âge de 7 ans, il découvre la plongée à ses côtés. Ce sera le début de sa grande passion pour les fonds marins. Touche à tout, il a depuis monté des missions d'exploration notamment en Amazonie. Il a également ouvert un programme éducatif, Future Company, pour les populations défavorisées. Récemment, Jean-Michel Cousteau, accompagné de son frère Fabien, a participé à la Conférence TED Rio qui s'est déroulée au fort de Copacabana dans le cadre de Rio+20. Lepetitjournal.com est allé à la rencontre de cet homme épris d'aventures

Lepetitjournal.com - Vous cumulez plusieurs casquettes : explorateur, diplomate, éducateur, producteur. Quelle est celle dont vous vous sentez le plus proche ?
Jean-Michel COUSTEAU
- J'aime combiner à la fois le rôle de l'éducateur et celui du diplomate. Educateur, car depuis 1972, je sensibilise les enfants grâce à un programme éducatif que j'ai monté. Le plus réjouissant, c'est lorsque ces enfants devenus grands, 20 ou 30 ans après, vous remercient pour votre travail. C'est gratifiant ! Diplomate, car il est important pour moi de défendre politiquement et médiatiquement la protection des océans. Deux exemples. Un jour, j'étais sur une île d'Hawaï dans des récifs de coraux. J'étais entouré d'ordures. 52 pays étaient représentés dans les marques de ces déchets marins. Par curiosité, en dépeçant les corps des oiseaux morts sur le sable, j'ai trouvé 8 à 12 morceaux de plastique. Les oiseaux sont donc les premières victimes de nos déchets quotidiens. J'ai alors commencé ma lutte. J'ai été reçu à la Maison Blanche par George W Bush. Le 15 juin 2006, ce lieu a été décrété "Parc National marin" sur 2.000 kilomètres de long. C'est, je pense, grâce à son épouse qui a été sensible au sujet. Mon deuxième exemple vient du Mexique. Le groupe japonais Mitsubishi voulait construire une usine saline dans une région où se reproduisent les baleines grises, en Basse Californie. Cette création nocive pour l'environnement aurait été un désastre pour les baleines marines qui vivent dans ces eaux. J'ai alors rencontré le président du Mexique, Zelio, plongeur comme moi pour lui expliquer la situation.

Quelle est votre relation avec le Brésil?
J'étais au bord du Calypso (NDLR le nom du célèbre navire océanographique du commandant Cousteau) avec mon père lors des ses grandes traversées. Entre 1981 et 1982, je suis resté 20 mois en Amazonie. J'ai tourné cinq heures de film pour les chaînes de télévision. J'ai continué à explorer, à réaliser et à produire tout en continuant mon travail d'éducateur. J'ai produit plus de 80 films au total. J'ai une fascination pour le Brésil et l'Amérique Latine. J'ai filmé des océans et des zones forestières. Un film de deux heures, Retour en Amazonie, est sorti en 2007.

Trois choses qui vous ont épaté et déçu depuis le début de la Conférence Rio+20 ?
Je suis déçu que le président américain ne vienne pas ainsi que d'autres représentants. C'est une déception de la part des politiques internationales. Je suis honoré que le prince Albert de Monaco ait décidé de venir. Ce que je vois c'est que les gens sont plus concernés par le problème de l'environnement qu'il y a 20 ans. La révolution des communications nous permet d'échanger rapidement à l'autre bout du monde avec n'importe quelles nationalités. L'information est plus qu'importante aujourd'hui. Il faut gérer la planète comme ?un business? sinon on va vers la faillite.

 

Camille JEANJEAN (www.lepetitjournal.com - Brésil) vendredi 22 juin 2012

lepetitjournal.com Rio
Publié le 22 juin 2012, mis à jour le 20 novembre 2012
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos