Édition internationale

BATE-BOLA - Le photographe français Vincent Rosenblatt révèle le carnaval alternatif de Rio

Écrit par Lepetitjournal Rio de Janeiro
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 27 février 2015

Après le succès de sa série sur les "Baile funk", le photographe français Vincent Rosenblatt a inauguré mercredi soir l'exposition "Bate-Bola : O Carnaval secreto do Rio" qui se déroule jusqu'au 25 mars dans la galerie de l'Alliance française de Botafogo. Lepetitjournal.com était sur place.

"Le carnaval de Bate-Bola n'obéit à personne". Loin des flashs, des strass et des règles qui régissent le carnaval officiel du Sambodrome, Vincent Rosenblatt a voulu représenter "l'esprit d'aversion des valeurs, de révolte et de catharsis" qui manque selon lui au carnaval des écoles de samba et qui sont présents depuis le début du siècle dernier au sein des groupes de Clovis (adapté de l'anglais "clown") ou "Bate-Bola".

Photographe hors du commun, en quête de clichés authentiques depuis son installation il y a dix ans au Brésil, Vincent Rosenblatt a immortalisé de manière spectaculaire ces instants où l'on pénètre dans les favelas de Rio au son des ballons ovales que ces hordes de clowns effrayants, organisés par gangs, tapent sur le sol. Omniprésence de la violence, des feux d'artifices, des cris, une agressivité qui se ressent par les couleurs vives des costumes enfantins (personnages de mangas, arlequins, clowns, guerriers africains, héros).

"Ils ne défilent pour aucune marque, aucuns média"

Des photos de révolte qui sont très bien mises en valeur au sein de la galerie de l'Alliance française, se déclinant sous différents formats. "Ils ne défilent pour aucune marque, aucuns média", ajoute le photographe. Accompagnés de "bexigas" (vessies en plastique) ou de peluches, les clowns défilent selon les quartiers qu'ils représentent : Marechal Hermes, Madureira, Oswaldo Cruz, Guadalupe ou dans la zone Ouest et d'autres coins de la ville.

Ainsi, les illustrations mettent en scène chacun des objets sélectionnés chaque année. Comme les écoles de samba, les gangs choisissent un thème annuel et s'affrontent dans les rues, parfois avec violence, au milieu des feux d'artifice. Le but ultime pour le photographe est de revenir aux origines du carnaval, un carnaval libre, complexe, rempli de messages et surtout un carnaval d'expression à la fois significatif et subtile.

Après avoir photographié pendant près de dix ans les "Baile funk", l'artiste envisage dans un avenir proche de faire une exposition rétrospective sur ce sujet. Vincent Ronseblatt a également pour projet d'effectuer un travail sur la jeunesse française en partant en résidence d'artistes à Niort (Deux-Sèvres), un retour en France donc, après tant d'années au Brésil.

Sofia KHOUATMIA et Safi FOFANA (www.lepetitjournal.com - Brésil) vendredi 27 février 2015

- Lire notre entretien avec Vincent Rosenblatt au sujet des "Baile funk"

Infos pratiques

"Bate-Bola : o carnaval secreto do Rio"

Galerie de l'Alliance française de Botafogo - Rua Muniz Barreto, 746 - Botafogo

Ouvert du lundi au vendredi de 10h à 20h et le samedi de 9h à 13h - Entrée libre

lepetitjournal.com Rio
Publié le 26 février 2015, mis à jour le 27 février 2015
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