Alors que plusieurs missiles ont visé une base militaire au Qatar le 28 février, les expatriés français installés à Doha racontent des heures marquées par la peur mais aussi par un rapide retour à la normale. Le gouvernement français assure qu’aucune victime française n’est à déplorer pour l’instant.


Les États-Unis et Israël ont lancé une offensive militaire coordonnée contre l’Iran ce samedi 28 février, visant des sites stratégiques à travers le pays. Lors de ces frappes, l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien, a été tué, selon des confirmations officielles. En réponse, les autorités iraniennes ont déclenché une riposte par missiles et drones contre des positions israéliennes et des bases américaines dans la région, notamment dans le golfe Persique. C’est dans ce climat d’incertitude et de tensions militaires que certains Français à Doha ont vécu les événements de ce week-end, entre effroi et retour progressif à la normale.
« Ça arrivait par vagues et ça paraissait sans fin »
« C’était un peu effrayant. On s’attendait à un ou deux missiles, mais on en a reçu 65 ainsi que dix drones. Ça arrivait par vagues et ça paraissait sans fin », témoigne Julie ( le prénom a été modifié) , Française installée à Doha. Les explosions, « bruyantes », faisaient parfois « trembler la maison ». Malgré tout, la vie quotidienne se poursuivait : « Les magasins étaient ouverts, on pouvait se faire livrer, on restait chez soi mais la vie continuait. »
Si l’angoisse était bien présente, les habitants savaient ne pas être directement visés. « On savait que seule la base était la cible. C’était angoissant mais ça allait malgré tout. » La situation devient plus concrète lorsqu’elle doit sortir en pleine nuit pour conduire sa fille d’un an et demi aux urgences : « J’étais surprise de voir du monde sur la route alors qu’on voyait plein de missiles dans le ciel. »
Situation régionale - Point de situation à 19h45 pic.twitter.com/uoEv4BwpRS
— France au Qatar (@FranceauQatar) March 1, 2026
Un retour au calme grâce aux interceptions
Le lendemain, le climat s’apaise rapidement. Les autorités qatariennes annoncent que 64 des 65 missiles ont été interceptés grâce au système de défense Patriot. « Le fait d’être bien informés a vraiment rendu la situation sereine », explique-t-elle. Dans l’après-midi, les interceptions ont lieu au-dessus de la mer, bien plus loin des zones habitées : « Chez nous, on n’entendait même plus les détonations. Ça semble presque fictif maintenant. »
Du côté des autorités françaises, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot se veut rassurant. « Aucune victime française à ce stade », a-t-il déclaré, rappelant que près de « 400 000 ressortissants français se trouvent dans la zone ». Un message destiné à apaiser les inquiétudes des familles, alors que la situation semble désormais stabilisée au Qatar.
Sur le même sujet







