Mercredi 30 septembre 2020

Portrait d'entrepreneur: Jean Baptiste, fondateur de Wave N' Soul

Par Quitterie Puel | Publié le 22/07/2020 à 00:00 | Mis à jour le 24/07/2020 à 08:17
Wave N' Soul

On revient aujourd'hui avec le deuxième article de la série "portrait d'entrepreneur". C'est Jean Baptiste, basé à Dunsborough, qui présente son parcours pour monter une entreprise de tourisme dans la région. Il nous raconte l'importance pour lui de s'inspirer des ses deux cultures, sa volonté de faire partager ses coups de coeur et revient sur la formation qu'il a suivie et qui lui a permis de réaliser son rêve. 

 

Peux-tu te présenter ? 

Je m’appelle Jean Baptiste j’ai 33 ans et je suis arrivé en Australie en mai 2013 avec le Working Holiday Visa. En France je travaillais tant que responsable achat dans la construction. J’ai eu envie de partir en Australie pour découvrir la culture et avoir un nouveau un mode de vie. J’avais aussi la ferme intention de trouver un sponsor afin de pouvoir rester longtemps dans le pays. 
J’ai fait les trois mois de ferme tout de suite et en février 2014 je suis arrivé à Margaret River. Je m’y suis tout de suite senti très bien, j’ai cherché un travail en insistant sur le fait que je voulais être sponsorisé et c’est au Caves House Hotel de Yallingup que j’ai eu une proposition après avoir travaillé six mois en tant que barman. Je suis devenu manager d’un magasin de vins et spiritueux rattaché à l’hôtel. En 2015 j’ai été sponsorisé par l’entreprise avec le visa 187 (skills visa) qui m’a permis d’obtenir très rapidement la résidence permanente. Avec ma femme, qui est aussi française, nous travaillons tous les deux dans cet hôtel.  J’ai pu accéder au sponsorship et ma femme a pu se mettre en De Facto sur mon visa, ce qui était un bel avantage pour l’entreprise qui, en sponsorisant un seul visa, gardait deux employés. En 2018 nous avons demandé la citoyenneté australienne. 

 

Comment est née l’idée de monter ta boîte ? 
 

J’ai travaillé six ans pour ce magasin.  Durant cette période j’ai rencontré énormément de monde, des viticulteurs, des brasseurs, des personnes qui jouent un rôle important dans l’économie de la région. J’ai commencé à me passionner pour le savoir-faire autour du vin et de la bière et j’ai eu très rapidement envie de retransmettre cet intérêt. Ainsi est née l’envie de monter mon entreprise de tourisme pour faire découvrir la région de Margaret River et de Dunsborough. 
Aussi, de nombreux amis et membres de ma famille sont venus me rendre visite dans cette région. Je me suis rendu compte que les Français sont susceptibles de se sentir un peu perdus dans cette région. La barrière de la langue et l’isolement peuvent effrayer des personnes habituées à la vie urbaine. J’ai aussi eu envie de créer cette entreprise pour apporter un soutien et un repère aux Français qui souhaitaient découvrir la région, j’avais envie de leur apporter un repère car je sais que l’arrivée ici peut parfois faire un choc. 

 

Pourrais-tu décrire ce que tu souhaites proposer ? Et les valeurs qui sont les tiennes dans la création de cette entreprise ? 

Je souhaite faire découvrir la région de Margaret River sous un autre angle, en apportant une touche d’histoire et en exposant le savoir-faire des producteurs de la région.  Je voudrais aussi retransmettre le sentiment d’évasion et d’exaltation que j’ai moi-même ressenti quand je suis arrivé ici. J’aimerais sincèrement retrouver cela chez mes clients. Enfin, je souhaite aussi donner accès à des endroits préservés tout en assurant un certain confort à mes clients en fournissant un équipement adapté, à la fois basique mais essentiel. L’objectif est qu’ils profitent au maximum de l’expérience. 

Avais-tu une formation particulière en marketing qui a pu t’aider pour lancer ce business ? 

J’ai fait un DUT Tech de Co en France et une licence spécialisée dans les achats avec une formation logistique et marketing. Grâce à ces études, j’ai pu acquérir des bases solides. Ici, j’ai passé plusieurs certificats (le first aid certificat délivré par Saint Johns et le certificat sur la connaissance des vins et bières) et j’ai ensuite recherché un organisme australien pour m’aider pour la mise en pratique et le lancement concret de ma boîte. J’ai trouvé ce programme, le NEIS (New Enterprise Icentive Scheme), qui est financé par le gouvernement australien. 
 

Peux-tu expliquer ce que c’est ? 

C’est une formation qui propose une assistance à l’entreprenariat avec trois semaines de cours où l’on revoie notre business plan. Une fois qu’il est établi et bien ficelé, il faut l’envoyer, il est évalué puis approuvé ou non. S’il est approuvé, l’Etat australien propose un financement de 250 AUD par semaine pour les 39 premières semaines afin de soutenir les entrepreneurs qui se lancent. Aussi, pendant un an, on a la possibilité d’être accompagné par une personne qui a déjà créé une entreprise et qui est là pour répondre à nos questions, nous accompagner dans nos démarches et nous soutenir.  


L’Etat s’engage donc assez directement du côté des entrepreneurs ? 
 

Oui. La formation est excellente et motivante car on est très soutenu. C’est très humain et on a la sensation que l’on peut y arriver car quelqu’un nous suit et croit en nous. 
 

Quelles sont les conditions pour suivre cette formation ? 

Dans mon cas, à cause du Covid, l’hôtel dans lequel je travaillais a fermé et je me suis retrouvé au chômage. C’est ce statut qui m’a permis d’accéder à cette formation. Le Covid n’a pas été facile à surmonter car je voyais le chaos débuter en France et surtout en Alsace, la région dont je suis originaire. Cependant, cette période m’a permis de beaucoup réfléchir et c’est là que j’ai décidé de me lancer dans ce que j’ai toujours voulu faire. 

 

Est-ce que tu penses que tu aurais monté ta boîte en France ? Dirais-tu que c’est plus facile en Australie ? 
 

C’est plus facile en Australie car c’est moins contraignant administrativement, mais je pense que j’aurais quand même monté ma boîte en France car c’est quelque chose que j’avais en moi. Il y a plus de monde en France et le marché est plus développé. L’envie de créer serait aussi venue à un moment ou à un autre, j’en suis certain. En Australie, l’entreprenariat est très orienté micro-business et petites entreprises, il y a moins de lourdeur administrative. Cependant, moi je trouve que le contrôle français est excellent et que ce n’est pas pour rien que les choses sont faites ainsi. 


Où en es-tu aujourd’hui ? 

J’attends de savoir si mon business plan est accepté. (Ndlr : Jean-Baptise a reçu la réponse quelques jours après notre interview, et c’est le cas !), je dispose ensuite de six semaines pour tout finaliser. Mon entreprise pourra être ensuite opérationnelle à partir d’octobre donc pour le début de la saison.  A long terme j’aimerais pouvoir créer un partenariat avec des agence de tourisme en France pour assurer la prise en charge de leurs clients en Australie et notamment dans cette région. J’aimerais aussi promouvoir le tourisme en France pour les Australiens et l’idée serait de pouvoir rentrer en France pour l’été et repartir en Australie dès septembre/octobre quand la haute saison reprend. Avec ma femme, nous adorons la France et nous souhaitons vraiment y rentrer régulièrement et conserver ce lien précieux avec le pays. Aujourd’hui, les deux cultures sont essentielles ; on adore le mode de vie australien mais on apprécie aussi énormément la France et c’est pour cela que je souhaite que mon entreprise soit empreinte de ces deux influences là, essentielles à mes yeux.  

 

  

quitteriez puel

Quitterie Puel

Après avoir effectué un master en management de projets culturels à Sciences Po, j’ai décidé de m’expatrier pour trois ans à Perth. J’aime écrire sur des sujets de société, dénicher des bonnes adresses et découvrir des lieux insolites.
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