Alors que presque tous les pays du monde possèdent une constitution, la Nouvelle-Zélande est l’un des rares à ne pas en avoir une. Elle est remplacée par plusieurs documents fondamentaux, devenus l’essence du pays : la déclaration d’indépendance de 1835, le traité de Waitangi de 1840 et la pétition “Monstre” de 1893. Que sont-ils et pourquoi sont-ils si importants?


He Whakaputanga, une déclaration d’indépendance avant la colonisation
Quand est-ce que la Nouvelle-Zélande a gagné son indépendance? En 1907 quand elle obtient le statut de “dominion”, cessant officiellement d’être une “colonie” au sens propre du terme? En 1919 quand elle devient membre de la société des Nations? Ou pendant la Seconde Guerre mondiale quand le pays établit ses premières ambassades? Il n’y aucune date précise marquant l'indépendance du pays par rapport à l’empire Britannique, aucune guerre ou déclaration comme il y a peu avoir dans d’autres pays.
Toutefois, il existe bien un document revendiquant cette indépendance mais il date de 1835, avant même que le traité de Waitangi soit signé et que la colonisation de la Nouvelle-Zélande se mette réellement en place. Pouvant être considéré comme précurseur de ce qu’il allait se passer, He Whakaputanga o te Rangatiratanga o Nu Tireni est la déclaration d’indépendance des tribus unies de Nouvelle-Zélande, un texte affirmant le territoire comme une nation Māori indépendante alors que des explorateurs, missionnaires et commerçants européens commençaient à s’intéresser à ces îles.
Signée par 34 chefs Māori (rangatira) le 28 octobre 1835, elle cumulait 52 signatures à la fin de l’année 1839. Décrite comme la magna carta de la Nouvelle-Zélande par le résident britannique James Burby, l’idée était de montrer que le pouvoir résidait avec les Māori et qu’aucun européen ne pouvait décider des lois de ce pays. C’était la première fois qu’une identité collective Māori était revendiquée, dépassant les frontières des iwi et hapū (tribus/nations Māori). He Whakaputanga fut immédiatement reconnue par le roi britannique William IV qui se réjouissait que le territoire ne tombe pas aux mains des français ou américains. Le document accorde amitié aux sujets britanniques en échange d’un vœu de protection de la part de la couronne contre toute atteinte à l’indépendance de cette nation émergence.
La déclaration d’indépendance de 1835 est inséparable du traité de Waitangi qui verra le jour 5 ans plus tard. Hone Sadler de l’iwi Ngāpuhi disait même “He Whakaputanga est le parent, Te Tiriti est l'enfant”.












