Le FIFO Festival en 100% numérique pour son Edition 2021

Par Clotilde Richalet | Publié le 08/02/2021 à 22:09 | Mis à jour le 08/02/2021 à 22:21
FIFO Festival international du film océanien

Rendez-vous incontournable de l’audiovisuel du Pacifique, cette 18° édition du Festival International du Film Océanien sera digitale. Mais les œuvres sont là, prêtes à être dévoilées sous et pour nos yeux. Voyageons ensemble, en dehors d’une salle obscure soit, mais laissons-nous porter par les histoires de tous ces réalisateurs. 9 films en compétition et 11 hors compétition, autant de manières de s’évader : direction l’Océanie jusqu'au 14 Février. 

 

RDV ICI pour voir le programme du Festival.

 

J’ai été particulièrement touchée par l’édito du Président du Jury : Luc Jacquet, que je vous retranscris sous sa forme intégrale ci-dessous :

« Il fait moins sept degrés chez moi ce matin, la neige recouvre la montagne et les forêts, un matin sublime à vous réveiller tous les souvenirs polaires. Que la Polynésie, la joyeuse chaleur humaine du Fifo sont loin ! Cette année je suis sélectionné pour la troisième fois à la présidence du festival, autant dire sans me vanter sûrement l’un des plus capé. Mais je ne viendrai pas chez vous, malgré l’amour pour vos îles que vous avez si bien su me donner.

Le monde a changé cette année, les continents, les pays, les archipels, sont redevenus lointains, comme au temps d’avant l’avion. Il reste le numérique, pauvre pis-aller dont malheureusement cette édition du FIFO a endossé les règles implacables. C’est une façon d’être encore un peu là, de ne pas mourir vraiment mais à quel prix ? où l’odeur des colliers de fleurs, les applaudissements dans les salles, les larmes des lauréats ? il ne reste plus que la maigre peau des apparences aux cohortes des auteurs vaincus par la victoire sans appel des plateformes, des « applications », qu’elles soient américaines ou chinoises et de leurs intentions hégémoniques. Quelle profondeur peut-on donner à une pastille de quelques secondes qu’on regarde sur un portable ? Quel point de vue différent peut tolérer un média dont le seul but est de vendre de la pub au plus grand nombre ?

Nous sortons sonnés de cette année 2020, nous les gens de cultures, d’arts, de langages, d’histoires. Nous les gens de terroirs et de chaleur humaine, nous les inutiles qui avons le redoutable privilège d’être classés « non-essentiel » en temps de pandémie. Il n’a pas fallu bien longtemps pour évaporer l’utopie du « monde d’après » qui a agité les conférences zoom du premier confinement. Plus que jamais il faut se battre pour donner aux auteurs de tous les pays, de toutes les cultures, les moyens de montrer leur travail, les moyens de produire leurs manières de voir. Le monde se racornit autour d’idées mortifères, de réseaux troubles où celui qui « poste » est peut-être un robot ou le pseudo d’un quelconque aux intentions troubles. Un auteur signe son film et monte sur scène pour le défendre, l’expliquer.

Le FIFO comme tous les festivals du monde est indispensable, vital. Alors même sans les applaudissements, l’odeur des fleurs et la chaleur des salles, il faut tenir, faire le gros dos et laisser passer les vents mauvais. Je suis de ceux qui croient aux rêves et à la puissante vitale des émotions qui tiennent debout un être humain conscient et responsable. Au nom de ces valeurs, je salue bien bas toute l’équipe du FIFO qui, malgré tout, hisse bien haut les couleurs des cultures du Pacifique.

Alors bon festival… malgré tout! »

Et vive le Cinéma ! 

 

Clotilde richalet

Clotilde Richalet

Photographe et voyageuse passionnée, expat à travers les Amériques et en Asie du Sud-Est, l'exploration journalistique et culturelle se poursuit aujourd'hui dans le Pacifique.
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