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Entretien avec Samisoni VIRIVIRI

Par Ambassade de France au Vanuatu | Publié le 03/06/2018 à 02:00 | Mis à jour le 03/06/2018 à 02:00
Entraînement de Viriviri au Parc de l’Indépendance à Port-Vila Vanuatu

En route pour Londres et Paris, afin d’y disputer les deux derniers tours des séries de Rugby à 7, l’équipe de l’Ambassade de France au Vanuatu a eu la chance de s’entretenir avec Samisoni Viriviri. Désigné meilleur joueur de Rugby à 7 du monde par le Comité International du Rugby en 2014, Champion Olympique en 2016 avec Fidji, Viriviri a également joué deux ans en France, à Montpellier et Montauban. Il détaille dans cette interview les moments forts de sa carrière et sa vision du rugby à 7.

 

Tout d’abord, pouvez-vous nous raconter comment vous avez commencé à jouer au rugby ? Avez-vous directement commencé par le rugby à 7 ?

J’ai commencé à jouer au rugby à l’école primaire, car cela faisait partie du programme de sport. Ensuite, j’ai commencé à jouer dans les équipes provinciales de Fidji à Suva et Nadroga, où je suis devenu joueur professionnel. Quand j’étais jeune et que j’étais dans mon village, je jouais tout le temps au rugby à 7 dans les tournois qui étaient organisés dans le coin.

 

Aujourd’hui Fidji possède l’une des meilleures, si ce n’est la meilleure, équipe de rugby à 7 du monde, mais dans le même temps l’équipe de rugby à 15 ne connaît pas la même réussite. Comment expliquez-vous cette différence ?

Au rugby à 7, nous avons plus de place, il y a plus d’intervalles, on peut créer le décalage plus facilement. Mais en rugby à 15, il y a trop peu d’espace, trop de joueurs, on n’arrive pas à développer notre jeu qui est basé sur la vitesse et la percussion pour créer le décalage dans les intervalles.
A Fidji, il y a deux ou trois tournois de rugby par mois. Donc tout le monde joue au rugby à 7 ; on y joue tous les mois, toutes les semaines. C’est comme ça que les joueurs gagnent de l’expérience, en y jouant tout le temps. Et quand l’équipe nationale part disputer les séries, le jeu n’est pas nouveau ou différent pour eux, il faut juste qu’ils s’adaptent à l’ambiance et à la foule. Mais le jeu et l’esprit du jeu restent les mêmes.

 

Que pensez-vous de l’évolution de certains joueurs de rugby à 7 qui deviennent plus spécialisés sur la vitesse que sur la technique ?

Je pense que pour être un bon joueur de rugby à 7, il faut avoir les deux. Si l’on se concentre uniquement sur la technique, mais qu’on n’a pas la condition physique et la vitesse, cela n’est pas bon. A l’inverse, si l’on a juste la vitesse et qu’on se contente de courir partout sans avoir la technique nécessaire, c’est inutile.

 

En 2014, vous avez été élu meilleur joueur de rugby à 7 de l’année. Qu’est-ce que cela a changé pour vous ou dans le regard de vos partenaires et adversaires ?

Parfois, j’ai plus de pression quand j’ai la balle en main, et je deviens plus concentré sur ce que j’ai à faire ; car je sais que les gens ont plus d’attentes dorénavant. Mais je n’ai pas connu de grand changement, je joue toujours mon jeu avec mes qualités et mes sensations.

 

En 2016, vous êtes devenu Champion Olympique à Rio avec l’équipe de Fidji, pouvez-vous nous en dire plus sur cette incroyable expérience ?

Les Jeux Olympiques, c’est vraiment différent de tout ce qu’on avait connu, totalement différent des séries de Rugby à 7 organisées par l’IRB. C’est un autre monde. Il y a le village olympique, où l’on côtoie des athlètes de renommée mondiale qu’on avait juste l’habitude de voir à la télévision. On sait que les JO sont retransmis dans le monde entier. C’est un événement vraiment planétaire.
Notre match le plus difficile a été contre l’Argentine, car nous avons failli perdre. Et je me suis démis la cheville, heureusement j’ai récupéré rapidement et j’ai pu rejouer au match suivant.

 

Avant les JO, vous jouiez en France mais vous n’êtes pas retourné en club, pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

Ma femme a donné naissance à notre premier enfant, j’avais beaucoup de responsabilité. Je ne pouvais pas les laisser seuls à Fidji, pour me retrouver moi aussi seul en France. J’ai beaucoup réfléchi, j’étais indécis, mais j’ai préféré rester avec ma famille.

 

Après vos deux années d’expérience en France, quel regard portez-vous sur le rugby français ?

Le rugby français est très physique, il faut être fort car parfois on peut recevoir des coups violents. Les joueurs français sont très forts et ils savent jouer avec leur tête. A Fidji, on est plus dans la prise de balle et la percussion.

 

Vous avez joué au Rugby à 7 et à 15, où va votre préférence ?

Je préfère jouer au Rugby à 7. Mais le problème est que le rugby à 7 ne permet pas de bien vivre au niveau professionnel. Il y a beaucoup plus d’argent dans le rugby à 15. J’ai une famille et c’est quelque chose d’important pour moi que d’obtenir un bon contrat pour subvenir aux besoins de ma famille.
Mais maintenant que le rugby à 7 est devenu une discipline olympique, cela va certainement devenir plus attractif et commencer à se développer dans le monde. J’ai déjà entendu dire qu’en Espagne et en Amérique, les gens commencent à y jouer et des tournois ont lieu. Donc le rugby à 7 commence à se répandre dans le monde, et c’est une très bonne chose.

 

Pour vous, quels sont maintenant les objectifs pour votre carrière ? Une nouvelle médaille olympique ?

Ha j’aimerai beaucoup, mais vous savez à Fidji il y a beaucoup de jeunes joueurs talentueux qui émergent. Moi je commence à vieillir donc je ne pense pas que cela pourra arriver. Je pense plutôt à jouer encore un peu à l’étranger, puis prendre ma retraite et venir m’installer à Fidji.

 

Enfin, de quoi êtes-vous le plus fier dans votre carrière ?

Je pense que c’est la médaille d’or aux JO de Rio. C’était un moment unique. Quand je suis revenu au pays, tout le monde était aux anges, tout le monde était heureux et nous faisions la fête tous ensemble. C’était la première médaille d’or pour Fidji et pour les îles du Pacifique. On a fait l’Histoire de notre pays, j’en suis très fier.

 

 

 

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