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CINÉMA - Un Calédonien à Cannes

Par Lepetitjournal Nouvelle-Calédonie | Publié le 28/05/2017 à 17:30 | Mis à jour le 30/05/2017 à 10:25
Jérôme Roumagne

Une nouvelle génération de calédoniens voit le jour. Ils ont grandi entre océan et terre. Leur insularité ne les a pas renfermés sur eux-mêmes, bien au contraire. De leurs ancêtres, ils ont gardé en eux le goût de l'aventure qui leur fait dépasser la barrière de corail et leur propre limite. Jérôme Roumagne est l'un d'entre eux. Le jeune réalisateur calédonien était au festival de Cannes pour présenter son court-métrage « RESPIRE ». Il a accepté en toute simplicité de répondre aux questions du Lepetitjournal.com Nouvelle-Calédonie.
 


Lepetitjournal.com Nouvelle-Calédonie : « RESPIRE » est votre travail de fin d'études. Il a été présenté à 2 grands festivals. Pas mal pour finir ses études et entrer sur le marché du travail ! Vous sentez-vous serein pour la suite ?
Jérôme Roumagne : C'est vrai que la saison des festivals de cinéma commence plutôt bien pour nous. On espère que ça continue comme ça ! C'est très encourageant pour la suite mais vous savez rien n'est acquis et c'est vraiment difficile de travailler dans ce milieu, il faut s'accrocher donc je profite de ces opportunités pour agrandir mon réseau professionnel et faire de belles rencontres.

LPJNC : Comment s'est déroulée votre rencontre avec Marthe Villalonga, une actrice que les calédoniens aiment beaucoup ?
JR : Ma rencontre avec Marthe s'est déroulée très simplement. N'ayant pas son contact direct, j'ai envoyé le scénario de « RESPIRE » à son agent qui lui a transmis. Elle m'a rappelé quelques jours plus tard en me disant que le scénario lui plaisait beaucoup et qu'elle trouvait le personnage de Juliette intéressant. On s'est rencontré dans un café à Paris pour faire une lecture de scénario avec Victor Meutelet et retravailler ensemble les dialogues. On a ensuite attaqué assez vite le tournage de « RESPIRE ». C'est une rencontre magnifique, je l'adore et on se voit encore régulièrement. Elle me donne des conseils et m'a parlé de sa venue en Nouvelle-Calédonie il y a plusieurs années pour une pièce de théâtre qu'elle a joué à Nouméa.

LPJNC : Vous avez contacté l'association Grégory Lemarchal l'année dernière pour leur présenter votre court-métrage. Avez-vous pu finalement travailler avec eux ?
JR : Nous n'avons jamais eu de retour de l'association Gregory Lemarchal à ce jour. Nous avons travaillé en amont avec un pneumologue spécialisé et Ophélia Morin, une jeune fille atteinte de la mucoviscidose, qui nous a aidé dans la phase de post-production du film.

LPJNC : Vivre en Nouvelle-Calédonie c'est vivre loin de tout, souvent très simplement, proche de la nature. Cela n'a pas été trop difficile de s'adapter à la vie parisienne ?
JR : J'étais déjà allé à Paris avec ma famille pour les vacances et c'est une ville dynamique que j'adore, donc ça n'a pas été trop dur. Les premiers mois ont été les plus difficiles parce que je ne connaissais personne ; et c'est vrai que d'être aussi loin de ses proches ça peut être compliqué au départ. Mais on fait de nouvelles rencontres et on s'adapte finalement très vite au rythme parisien. Après, je ne vous cache pas que la plage à 5 minutes, les coups de pêche et l'état d'esprit calédonien me manquent beaucoup !



LPJNC : Vous voilà participant au plus prestigieux festival de cinéma international. Comment le vivez-vous ?
JR : Écoutez, je le prends vraiment comme un bonus. C'était totalement inespéré de finir au Festival de Cannes avec un film de fin d'études. Je suis vraiment très fier de pouvoir participer à ce festival incroyable avec « RESPIRE » et c'est encourageant pour la suite mais j'essaye aussi de ne pas trop m'emballer pour ne pas avoir de faux espoirs. Le principal c'est de vivre le moment présent et de profiter de cette opportunité rêvée pour rencontrer des professionnels du cinéma du monde entier et de partager notre passion pour le 7e art.

LPJNC : Envisagez-vous une projection de votre court-métrage au Pays ? Ou tout du moins de permettre d'une manière ou d'une autre aux calédoniens d'avoir la possibilité de le voir sur grand écran ?
JR : J'en ai parlé avec les organisateurs du Festival de La Foa et « RESPIRE » devrait être diffusé hors compétition dans le programme « films presque calédoniens » du festival. J'adorerais pouvoir le projeter d'avantage sur le Caillou. Donc à bon entendeur !

LPJNC : Charles Aznavour a dit au cours d'une interview : « Je n'ai pas l'impression de vivre un destin particulier. Il n'y avait pas de chanteur arménien en France. Il en fallait un. J'étais là ».  Cela vous inspire ?
JR : Je vois ce qu'il voulait dire mais cela ne m'inspire pas spécialement.

LPJNC : Votre plus beau souvenir au cinéma ?
JR : En terme d'expérience, mon stage sur le long métrage « Jusqu'à la garde » de Xavier Legrand produit par KG Productions. J'ai beaucoup appris sur ce tournage et j'y ai fait des rencontres formidables, tant professionnelles qu'humaines.
En terme de rencontre, c'est très récent. La rencontre avec Alfonso Cuaron, un de mes réalisateurs préférés (Gravity, Les fils de l'homme, Harry Potter et le prisonnier d'Azcaban) lors d'une masterclass au Festival de Cannes.

 





Propos recueillis par Claudia Rizet-Blancher (http://www.lepetitjournal.com/nouvelle-caledonie) ? lundi 29 mai 2017
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crédits photos : © Jérôme Roumagne / © Camille Pinot
 

 



 
3 questions avaient été posées par le Parisien à Claude Lelouch, président du Festival de Cannes en 2007, 10 ans auparavant. Jérôme Roumagne a accepté de jouer le jeu même s'il considère que « C'est un énorme honneur que d'avoir à répondre aux même questions que Claude Lelouch ».



LPJNC : Qu'est-ce qui vous intéresse dans ce festival ?
JR : C'est un endroit magique pour échanger avec des professionnels de cinéma du monde entier, de pouvoir leur montrer son travail et agrandir son réseau tout en profitant du cadre exceptionnel du festival de Cannes.

LPJNC : Pensez-vous que l'écologie est un effet de mode inutilement alarmiste ?
JR : Pour moi, ce n'est pas un effet de mode inutilement alarmiste. Je pense même que ça devrait être une des priorités mondiales mais les politiques en font rarement une priorité malheureusement. Ce n'est pas un scoop : on bousille notre planète et ça n'a pas l'air de déranger grand monde, où du moins beaucoup font semblant de ne pas voir les conséquences dramatiques que cela entraîne. Je trouve ça totalement révoltant?

LPJNC : Quels conseils donneriez-vous à un cinéaste débutant jeune calédonien qui souhaite faire des études de cinéma ?
JR : Alors je ne vais pas être très original mais pour reprendre les mots de Xavier Dolan « Je pense que tout est possible à qui rêve, ose, travaille et n'abandonne jamais ».
La seule chose que je pourrais rajouter c'est de ne jamais oublier d'où l'on vient. C'est une vraie chance d'avoir baigné dans cette culture calédonienne. Il faut en faire une force et une source d'inspiration.
 

 

 

 

 

 

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