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Le ciel pour terrain de jeu

Au Ouen-Toro, dans les Dzumac, à Gadji, à Poé, on peut apercevoir ces drôles d’oiseaux planant dans le ciel. Au Ouen-Toro, dans les Dzumac, à Gadji, à Poé, on peut apercevoir ces drôles d’oiseaux planant dans le ciel.
Écrit par Véronique Mézille
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 août 2018

Au Ouen-Toro, dans les Dzumac, à Gadji, à Poé, on peut apercevoir ces drôles d’oiseaux planant dans le ciel. Le rêve d’Icare devenu réalité grâce au parapente. Et une véritable métaphore de la vie comme nous l’explique Xavier Girin, parapentiste chevronné et passionné.

Du tissu, des ficelles, un petit harnais d’escalade, le tout dans un sac à dos et c’est parti ! Le parapente, c’est aussi simple que ça. Et c’est bien sûr la garantie de vivre des sensations à la fois douces et fortes tout en admirant de superbes paysages. Mais pas que ! Pour Xavier Girin, Chaque vol en parapente est bien plus qu’un simple vol : « ‟Fais de ta vie un rêve et d’un rêve une réalité”. Cette phrase est de Saint-Exupéry, l’auteur du Petit Prince, une histoire que j’aime beaucoup. Et ce rêve, Saint-Exupéry l’a vécu, dans le ciel. Aujourd’hui, à l’heure où tout est formaté, aseptisé, comment retrouver la pureté, l’authenticité du rêve d’Icare ? »

Râper la pente

« Il y a 30 ans, j’ai découvert dans les Alpes le parachute de pente, avec des voiles colorées, fluo, à l’image de leurs pilotes. Années 80 obligent, se souvient le sportif. C’étaient d’abord des parachutistes qui voulaient se libérer de la montée en avion, ou des alpinistes qui eux voulaient redescendre des sommets autrement qu’à pied. » Ces héros, ces courageux, ces inconscients diront certains, modifiaient leur parachute avec leur machine à coudre pour les faire avancer. « Un parachute ça ne fait que descendre. En le modifiant pour le faire avancer, planer, c’est gagné ! » Le parapente est né ainsi, en même temps que son premier surnom, le râpe la pente. Un surnom qui ne faisait pas vraiment rêver d’autant plus que l’aventure se terminait très souvent dans les arbres voire bien pire.

Le rêve prend forme

Mais le rêve prend forme, devient accessible. « La magie du vol libre a opéré et le parapente est entré dans ma vie », déclare Xavier. Depuis les années 80, les connaissances ont bien évolué. Désormais, le parapente ressemble de loin à son ancêtre le parachute. Aujourd'hui, c'est un véritable planeur que l’on transporte dans son sac. Si le parapente reste le plus lent des aéronefs (à l'exception de la montgolfière), son angle de plané (la finesse) et sa vitesse de descente (le taux de chute) permettent des distances impressionnantes : le record du monde est de plus de 500 km en ligne droite pour environ 12 heures de vol !

Une métaphore de la vie

Pour Xavier, chaque vol est un résumé de toute une vie. « Le décollage, c’est la naissance. Quand on quitte le sol, on laisse la pesanteur derrière. On sort de la boîte en deux dimensions et on prend une première respiration. On peut même pousser un petit cri comme le nourrisson. Le parapentiste, lui, entre dans la troisième dimension en se détachant de la terre mère. Le ciel est notre terrain du jeu. Tout est possible. Il n’y a pas vraiment de limite. Les débuts d’un vol de distance, c’est l’enfance, la jeunesse. On est à l’affut de toutes les sensations. Il faut trouver cette fameuse potion anti gravité pour monter, pour grandir. Une fois en altitude, on change d’attitude. On est prêt à couper le cordon comme un ado qui s’émancipe. Mais bien vite c’est l’heure des grandes décisions, comme un adulte. Faut-il continuer à monter ou changer de direction ? C’est l’heure des hauts et des bas, à l’instar de la vie. Puis on acquiert de l’expérience, de la sagesse. C’est le temps de la réflexion, de la gratitude. Trop vite arrive la fin du vol. On fait de son mieux pour la préparer et ne pas la subir. On atterri. La boucle est bouclée. »

Comment ça vole ?

« Il n’y a pas de miracle, la gravité est toujours là. Un parapente, ça ne fait que descendre », explique le parapentiste. Mais alors comment ça vole ? D’où vient l’énergie ? « Du soleil et du vent. Le soleil chauffe le sol. L’air à son contact se réchauffe à son tour et finit par s’élever comme une bulle en soulevant le parapente comme dans un ascenseur. C’est ce que l’on appelle les ascendances. Et ça marche aussi avec le vent qui suit le relief d’une montagne et soulève le parapente avec lui. »
 

Véronique Mézille
Publié le 14 août 2018, mis à jour le 14 août 2018
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