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Eric Lauer, le Français des USA finaliste du Trophée Entrepreneur 2021

Par Rachel Brunet | Publié le 01/02/2021 à 16:26 | Mis à jour le 01/02/2021 à 20:42
Photo : Eric Lauer, cofondateur d’Artur’In
Eric Lauer artur'in

Eric Lauer fait partie des cinq finalistes des Trophées des Français de l’étranger 2021 dans la catégorie Entrepreneur, parrainée par Edhec Business School. Le Français installé à Washington DC a d’abord contribué à l'aventure de Jumia, l'Amazon africain. Puis, il confonde la start-up Artur'In dont il lance les opérations aux États-Unis. L'entreprise propose aux petites entreprises une solution de marketing digital digne des grandes sociétés. Notre édition est partie à sa rencontre.

 

Rachel Brunet pour lepetitjournal.com New York : Racontez-nous votre parcours et votre arrivée aux États-Unis.

Eric Lauer : J'ai eu la chance d'avoir un parcours très international dès mon enfance. J'ai grandi à l'étranger, d'abord aux Pays-Bas puis pendant 11 ans à Hong-Kong et je suis rentré en France pour mes études supérieures. Après une première expérience en conseil en stratégie à Paris, j'ai participé à l'aventure Jumia, l’Amazon Africain, de l'ouverture de nouvelles activités à travers l'Afrique jusqu'à l'introduction en bourse à New-York en 2019. C'était une première aventure entrepreneuriale à la fois passionnante et exigeante qui m'a énormément appris pendant 5 années intenses et m'a amené à m'installer à Abidjan, voyager régulièrement dans une vingtaine de pays d'Afrique et ouvrir un bureau en Chine à Shenzhen.

Puis j'ai rejoint l'équipe des fondateurs d'Artur'In où nous cherchons à résoudre un problème crucial qui a vraiment été accentué pendant cette pandémie : aider les très petites entreprises à avoir une présence en ligne, notamment plus de la moitié des TPE qui ne sont même pas présentes sur les réseaux sociaux. Imaginez la difficulté lorsque votre commerce est fermé et que vous êtes 100% dépendant de l'activité de votre point de vente !

Aujourd'hui, je m'occupe de l'activité aux États-Unis où nous sommes maintenant présents depuis bientôt 1 an et demi avec notre siège à Washington DC. Nous comptons déjà plusieurs centaines de clients dans presque tous les États du pays donc l'activité décolle bien.

 

Notre startup Artur'In s'appuie sur l'intelligence artificielle

Quel est donc ce projet qui vous a poussé jusqu'aux Trophées des Français de l'étranger de lepetitjournal.com ?

Je pense que les gens ont vraiment réalisé l'impératif de la visibilité en ligne pour les TPEs avec cette pandémie. Je pense par exemple ici aux Etats-Unis  à nos premiers clients agents immobiliers - pre-COVID, beaucoup pouvaient s'appuyer sur leurs réseaux de connaissances qu'ils voyaient régulièrement pour faire jouer le bouche à oreille. Avec l'impossibilité de maintenir ce réseau en personne, beaucoup nous ont confié l'importance d'être présents auprès de clients potentiels grâce aux réseaux sociaux, à leurs newsletter ou même à de la publicité en ligne pour trouver des nouveaux clients. Beaucoup n'ont pas le temps ni l'expertise pour gérer tout cela et notre logiciel leur met à disposition l'équivalent de leur propre directeur marketing pour s'occuper de tout !

Notre startup Artur'In s'appuie sur l'intelligence artificielle pour permettre aux petites entreprises d'accroître leur notoriété en ligne, par exemple générer une ligne éditoriale personnalisée avec du partage d'actualité, du contenu visuel et des vidéos sur leurs différents réseaux sociaux autour de l'expertise métier et de la localité du client. Nous nous appuyons sur nos modèles propriétaires de deep learning pour résoudre l'enjeu clé de la communication : la production de contenu personnalisé et pertinent à moindre coût. Et nous aidons les petites entreprises à rester dans la course face aux grandes entreprises sur un marché de la visibilité en ligne où on a parfois l'impression que seuls les plus gros acteurs peuvent tirer leur épingle du jeu. On cherche vraiment à démocratiser la communication digitale pour les TPE-PME grâce à une solution tout-en-un qui offre le parfait compromis entre automatisation et personnalisation du contenu.

 

Qu'est-ce qui vous a séduit dans les Trophées et vous a donné envie de candidater ?

Déjà, je trouve qu'entreprendre est tellement difficile au quotidien que ça fait du bien de pouvoir partager ! Ce Trophée entrepreneur est intéressant pour plusieurs raisons : d'une part il offre de la notoriété pour des startups en pleine croissance comme la nôtre qui ne demandent qu'à être connues et d'autre part, il permet de rencontrer des personnes passionnantes pour échanger sur ce que représente d'être un entrepreneur français à l'étranger.

 

Vous êtes finaliste, qu'est-ce que cela représente pour vous ?

Beaucoup de fierté pour les fondateurs et les équipes car vous n'imaginez pas le boost au moral que ça représente pour nous qui sommes a l'étranger dans cette période si spéciale ! Je suis aussi reconnaissant notamment envers tous ceux qui parient sur vous quand vous vous lancez et que les probabilités sont en votre défaveur. Je pense notamment aux premiers clients quand je me suis installé à Abidjan pour Jumia puis à Washington pour Artur'In, aux premiers membres des équipes qui m'ont suivi et aux investisseurs qui vous font confiance.

 

La voie de l'entrepreneuriat permet de se réaliser

Quel message souhaitez-vous passer aux lecteurs de lepetitjournal.com ?

Quand on lit les titres sur les histoires d'entrepreneurs à succès, on voit de beaux événements comme de grosses levées de fonds ou une cession réalisée à un montant important. On voit rarement les week-ends à bosser ou voyager pour le boulot, les temps de famille et d'amis en moins, les vendredis soir déprimants quand les résultats de la semaine étaient mauvais et l'obsession que représente votre boîte. En gros, vous allez bien quand votre boîte va bien et vous allez mal quand votre boîte va mal. 

Je pense que la voie de l'entrepreneuriat permet de se réaliser car on retrouve le plaisir de l'artisan de créer et d'être d'une certaine façon plus libre, en revanche il ne faut pas perdre de vue le marathon de difficultés successives que cela représente.

 

Dans un avenir proche, comptez-vous faire évoluer votre projet, et comment ?

Nous ne sommes qu'au début de notre histoire aux États-Unis et nous avons encore beaucoup à innover pour avoir le meilleur produit du marché d'une part mais aussi à recruter les meilleurs talents pour grandir. Le marché des TPE/PME est immense donc nous avons de belles perspectives de croissance.

 

Le niveau général d'optimisme aux Etats-Unis fait énormément de bien

Vous êtes Français installé aux États-Unis, qu'est-ce que vous aimez dans ce pays qui vous accueille ?

J'ai eu la chance de vivre en France, en Afrique, en Chine et maintenant aux États-Unis donc c'est intéressant de mettre en perspective. Je dirais que la première chose qui m'a frappé ici est le niveau général d'optimisme qui fait énormément de bien. C'est par exemple plus facile d'avoir accès aux gens pour une première rencontre, et les gens seront heureux de faire connaissance car ils croient pas mal je trouve en la magie des rencontres, même si la suite peut être un peu transactionnelle.

Ensuite je trouve que les gens font plus attention ici à l'équilibre entre la vie professionnelle et personnelle et c'est plus fréquent d'avoir des employés qui font du sport le midi ou partent plus tôt pour leur famille. Je trouve ça sain même si c'est un peu le corollaire d'avoir seulement deux semaines de vacances par an.

Ensuite en voyageant dans le pays on se rend compte qu'il y a vraiment beaucoup de visages de l'Amérique, et pas seulement les plus connus de la côte Est ou Ouest. Et on se rend compte qu'on est culturellement plus différents qu'on ne le pense vu de France de nos cousins américains. Par exemple, alors qu'à Paris nous faisions un déjeuner d'équipe pour fêter l'arrivée d'un nouveau collègue, je me suis rendu compte que cela surprenait mes coéquipiers américains car généralement ils prennent un déjeuner sur le pouce très rapide ! 

 

Une phrase de conclusion ?

Cette devise que je me dis quand je suis au pied du mur : "Cavalier, quel que soit l'obstacle, jette ta monture et ton cœur suivra !"

 

Merci Eric et bravo !

 

Pour en découvrir davantage sur Artur’In

Pour découvrir les cinq finalistes des Trophées des Français de l’étranger dans la catégorie Entrepreneurs 2021

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Rachel Brunet

Rachel Brunet

Après être passée par la presse économique et la presse spécialisée, Rachel Brunet est la directrice et la rédactrice en chef de l’édition New York du Petit Journal.
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