Et si l'État américain devenait actionnaire d'OpenAI ? Selon le Financial Times, l'entreprise à l'origine de ChatGPT aurait proposé au gouvernement de prendre une participation de 5 % dans son capital. Une nouvelle qui soulève des questions sur les potentiels conflits d'intérêts entre les géants de l'intelligence artificielle et la politique américaine, à l'approche des élections de mi-mandat de Donald Trump en novembre 2026.


Selon le Financial Times, OpenAI, l’entreprise derrière ChatGPT, aurait proposé à l’administration Trump d'acquérir 5 % de son capital. L’entreprise, aujourd'hui valorisée à 852 milliards de dollars, prépare son introduction en Bourse, attendue fin 2026. Les discussions seraient encore à un stade précoce. De plus, une telle opération nécessiterait probablement une loi fédérale.
Un rapprochement assumé avec Washington
Sam Altman, le patron d’OpenAI, aurait évoqué cette piste avec Donald Trump. L’idée défendue par OpenAI serait “de permettre à l’État, et donc indirectement aux citoyens américains, de bénéficier de la croissance du secteur.” D’après le Financial Times, Sam Altman aurait aussi suggéré que d’autres grandes entreprises américaines de l’IA adoptent un dispositif similaire. Cette stratégie n’est pas anodine, et a pour objectif d’apaiser les relations avec l’État, qui joue un rôle de plus en plus actif dans la réglementation du secteur de l’IA. Cette méthode est assez fréquente chez les multinationales, Musk avait effectué un don de 75 millions de dollars en faveur de la campagne présidentielle de Donald Trump, en 2024. Selon OpenAI, ce modèle permettrait de répondre à une question de plus en plus présente aux États-Unis : à qui doit profiter les gains générés par l’intelligence artificielle, au peuple américain ou au gouvernement ?
Un secteur sous forte pression politique
Les autorités américaines s’intéressent de plus en plus aux risques liés à l’IA (cybersécurité, impact sur l’emploi ou encore surveillance technologique). L’administration Trump aurait récemment demandé à OpenAI de retarder le déploiement à grande échelle du modèle GPT-5.6. Anthropic, autre entreprise américaine d'intelligence artificielle, a aussi fait l’objet de restrictions.
L’opinion publique reste elle aussi inquiète. Selon un sondage publié en juin 2026, la moitié des Américains craignent que l’IA leur coûte un emploi. L’entrée de l’État au capital d’OpenAI pourrait être présentée comme un moyen d’encadrer le secteur, mais elle soulève aussi une autre question : jusqu’où le pouvoir politique doit-il s’impliquer dans les entreprises et quelle est sa limite ?
Crise existentielle chez OpenAI, la crainte de dérives de l'IA en question
Des liens avec Trump déjà scrutés
Les relations entre OpenAI et l’entourage de Donald Trump font déjà l’objet d’une attention particulière. En décembre 2024, Sam Altman avait annoncé un don personnel d’un million de dollars au fonds d’investiture de Donald Trump. En février 2026, Wired a aussi rapporté que Greg Brockman, président d’OpenAI, et son épouse avaient donné 25 millions de dollars à MAGA Inc., un Super PAC (comité d’action politique) qui avait soutenu Donald Trump.
Ces actions ont mené à une campagne « QuitGPT » qui incite les abonnés de ChatGPT à résilier leur abonnement. Ce mouvement de boycott voit une manière de protester contre la politique de Donald Trump et les dérives meurtrières de la police de l’immigration et des douanes (ICE). Depuis, plus de 17.000 personnes se sont inscrites sur le site web de la campagne. Parmi elles, des personnalités publiques comme Katy Perry et Mark Ruffalo.
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