Lié au renouveau de la végétation, à l'eau, au printemps, le vert est porteur des notions de croissance, de renaissance, d'épanouissement et par extension d'espérance. Il exprime la puissance de la nature, la force de la vie végétale qui se renouvelle à travers des cycles immuables. Ainsi aux yeux des musulmans le vert passe-t-il pour une couleur bénéfique qui porte chance. Le Graal est un vase d'émeraude ou de cristal vert pur où se fondent amour et sacrifice, crépuscule et aube, mort et renaissance. Équidistant du bleu céleste et du rouge infernal, le vert, valeur moyenne, médiatrice entre le chaud et le froid, le haut et le bas, est une couleur rassurante, rafraîchissante, humaine. Le vert est tiède ! La venue du printemps ne s'accompagne-t-elle pas de la fonte des neiges ? Le vert possède toutefois également une puissance maléfique, nocturne. Le langage le connote : on peut être vert de rage ou de peur ! L'émeraude qui est une pierre papale est aussi celle de Lucifer avant sa chute. Au Moyen-Age, le vert devient le symbole de la déraison et le blason des fous. On suspectait même de sorcellerie les femmes portant une robe verte. Dans le monde du spectacle, cette couleur est souvent considérée comme maléfique, sauf pour un numéro de clown ! Le vert tient sa double polarité du vert du bourgeon et du vert de la moisissure, la vie et la mort. Il est l'image des profondeurs et de la destinée.
G.P. (www.lepetitjournal.com/munich) Mercredi 28 novembre 2012














