Arrivé à Munich il y a un peu plus de quatre ans, Jean ne se destinait pas du tout au tourisme. À 37 ans, ce Français installé en Bavière a pourtant trouvé sa vocation : faire découvrir l’histoire et les secrets de la capitale bavaroise à travers des visites guidées du centre historique.


Un parcours engagé
Avant de devenir guide, Jean travaillait à Paris comme chef de projet pour l’ONU. Son rôle : financer des infrastructures dans des camps de réfugiés à travers le monde.
« Mon objectif, c’était de faire en sorte que les gens aient des moyens dans les camps de réfugiés, qu’il y ait des hôpitaux, des écoles, des choses pour accueillir les personnes qui fuient leur pays », explique-t-il. Il travaillait alors sur des projets en Syrie, en Ouganda ou encore au Venezuela.
Son installation en Allemagne commence lorsque son compagnon obtient une opportunité professionnelle à Munich, Jean décide de tenter l’expérience tout en continuant son travail à distance. Mais après la pandémie, l’organisation impose un retour au bureau. Jean doit alors faire un choix.
« Je me suis dit : je ne vais pas rentrer à Paris juste pour ça. J’ai envie de continuer à vivre ici. »
Il quitte alors l’ONU et entame un changement de carrière radical.
Une reconversion au grand air
Aujourd’hui, Jean est guide touristique indépendant et propose des visites à pied d’environ deux heures et demie dans l’Altstadt, le centre historique de Munich. Il travaille notamment avec l’entreprise Walkative, qui lui envoie des visiteurs du monde entier.
Les itinéraires passent par les lieux emblématiques de la ville, comme Marienplatz, le Viktualienmarkt ou encore la Frauenkirche.
Chaque guide dispose toutefois d’une grande liberté pour raconter la ville à sa manière.
« On a un tronc commun, mais on crée aussi notre propre tour. En fonction de nos affinités avec l’histoire, on peut s’attarder sur certains sujets plus que d’autres. »
Jean propose ses visites principalement en anglais dans le cadre de son partenariat avec Walkative, mais il s’adresse aussi directement aux francophones.
« Pour les tours en français, je les organise moi-même. Ça permet d’avoir une visite plus personnalisée, souvent avec des familles ou des groupes d’amis », précise-t-il.
« Tu rencontres que des gens sympas, qui sont décontractés parce qu’ils sont en vacances. Et puis surtout, je voulais arrêter d’être derrière un ordinateur toute la journée. J’avais besoin d’être en contact avec des gens et d’être dehors. »
Munich, un cadre idéal
Pour Jean, Munich possède un équilibre rare entre culture et nature.
« Ce que j’adore ici, c’est le mix. Tu as une vie culturelle incroyable : opéra, expositions, théâtre, et en même temps, tu peux être dans la montagne ou au bord d’un lac en très peu de temps. »
Il souligne aussi la forte identité bavaroise qui est omniprésente dans la ville :
« La fierté des Munichois d’être Bavarois est très forte. On la voit dans les costumes traditionnels, les événements, la culture de la bière. »
Et surtout, une richesse historique qu’il prend plaisir à raconter à travers des anecdotes, des récits, des légendes...
« À Munich, tu traverses les époques : le Moyen Âge, le nazisme, les Jeux olympiques de 1972… C’est un véritable voyage dans le temps. »
Des visites pour touristes... et expatriés
Si ses tours attirent principalement des visiteurs de passage, Jean remarque que de nombreux résidents ne connaissent pas si bien la ville que ce qu’ils pensent.
« Il y a beaucoup de gens qui vivent à Munich, mais qui ne connaissent pas vraiment l’histoire des endroits où ils passent tous les jours. »
Certaines rencontres deviennent même des amitiés.
« Je me souviens d’un Français qui venait d’arriver. On a gardé contact, je l’ai mis en relation avec d’autres personnes, et maintenant je le croise parfois en ville. »
Ses lieux préférés à Munich
Pour une première découverte de la ville, Jean recommande un lieu souvent ignoré des passants : la Asamkirche.
« De l’extérieur, on ne se doute de rien. Mais quand on pousse la porte, on ne sait plus où regarder tellement il y a de dorures, de marbre et de sculptures. »
Et pour s’éloigner un peu du centre, il propose de visiter le Schloss Schleissheim, un ensemble de palais encore relativement préservé du tourisme de masse. Plus largement, il ne manque jamais d’idées pour conseiller ceux qui veulent découvrir Munich d’une autre façon.
« On ne rentre pas forcément dans les bâtiments, mais je donne des clés pour que les gens puissent continuer par eux-mêmes. »
De nouveaux projets de visite
Jean ne compte pas s’arrêter là. Il prépare actuellement deux nouvelles visites thématiques : l’une consacrée au Troisième Reich à Munich, l’autre dédiée à l’histoire de la bière.
« L’idée serait d’expliquer comment la bière a façonné la ville : les monastères, les biergärten, l’Oktoberfest… et bien sûr terminer quand même par une dégustation pour apprendre la différence entre une Helles, une Dunkles ou une Weissbier. »
Ceux qui souhaitent visiter la ville avec lui peuvent le contacter directement sur son Instagram.
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