

Puisque l'hiver semble bien décidé à rester encore un peu dans nos contrées, nous allons aborder cette semaine des expressions tournant autour de la couleur associée au froid et à la neige : le blanc.
(crédit image : La Mite 2013)
Commençons par deux comparaisons : l'allemand utilise la couleur blanche dans l'expression "weiss wie die Wand sein", littéralement "être blanc comme un mur", c'est-à-dire d'une pâleur à faire peur. Le français, lui, dit "être blanc comme neige" pour parler d'une personne parfaitement innocente puisque cette couleur est associée à la pureté. L'allemand traduit d'ailleurs cette expression par "eine weisse Weste haben".
On retrouve également en allemand le blanc dans "sich ein weissen Fuss machen wollen", qui signifie « vouloir se faire apprécier, se faire bien voir ». Il semblerait que l'expression allemande provienne d'un conte de Grimm, Le loup et les sept chevreaux, dans lequel le loup enfonce sa patte dans de un sac de farine afin de se faire passer pour l'un d'entre eux. Une expression d'origine similaire, bien qu'utilisée différemment, existe en français : en effet, "montrer patte blanche" s'utilise pour dire que l'on doit montrer un signe distinctif afin d'être accepté dans un lieu précis. L'expression aurait été popularisée dans le langage courant au 19ème siècle par l'enseignement des fables de La Fontaine à l'école, et notamment Le loup, la chèvre et le chevreau.
Ici, le chevreau a reçu pour consigne de sa mère de n'ouvrir à personne qui ne connaîtrait pas la formule enseignée. Le loup, l'ayant entendue, contrefait sa voix et tente sa chance mais le petit ne se laisse pas tromper et demande à voir "patte blanche" avant d'ouvrir. Le loup, bien embêté, finit par rentrer chez lui, la morale étant que deux sûretés valent mieux qu'une ! Le loup de Grimm semble bien avoir été plus malin que celui de La Fontaine ! Comme quoi, il est toujours utile de savoir montrer patte blanche...
Charlotte Wurch (www.lepetitjournal.com/munich) Mercredi 6 février 2013


















