Les Français, en arrivant à Munich, sont parfois surpris de constater que les commerces n'ouvrent jamais ni le dimanche ni les jours fériés, et que les nocturnes n'existent pas...Qu'en est-il de la loi sur les heures d'ouverture en Bavière ?
Dimanche et jour férié : c'est sacré !
(credit image : La Mite 2012)
Cette année, les festivités du 3 octobre (jour de la fête nationale allemande, en l'honneur de la date de réunification de l'ex-RDA et de l'ex-RFA) doivent avoir lieu à Munich. Plus de 500.000 visiteurs sont attendus dans la capitale bavaroise à cette occasion ; il va sans dire que les enjeux commerciaux, dans de telles circonstances, s'avèrent importants.
Or, la Bavière est, avec la Saare, le Land d'Allemagne le plus strict en termes de loi sur les heures d'ouverture des commerces. Ici à Munich, les magasins ont officiellement le droit d'ouvrir leurs portes du lundi au samedi de 06h00 à 20h00. Quatre dimanches par an, des exceptions peuvent s'appliquer...sauf en décembre ! Et pourtant, la ville de Munich n'utilise jamais ce droit à l'ouverture dominicale. En effet, l’Église (la religion catholique dispose encore d'un pouvoir non-négligeable en Bavière) et les syndicats se sont exprimés contre. Les clients trouvent donc systématiquement porte close le jour du Seigneur.
Commerçants contre syndicats
Les commerçants, eux, souhaiteraient pourtant avoir le droit le choisir ! C'est d'ailleurs le cas dans les autres Länder d'Allemagne. La Confédération du commerce de détail (Einzelhandelsverband) de Bavière estime à ce titre que les commerçants bavarois frontaliers avec le Bade-Wurtemberg, la Hesse, Thuringe et la Saxe s'en trouvent fortement désavantagés par rapport à leurs voisins.
Les syndicats ne sont pourtant pas de cet avis. VerDi (Vereinte Dienstleistungsgewerkschaft) considère par exemple que les horaires d'ouverture se sont déjà considérablement améliorés par rapport aux décennies passées : à l'époque, les magasins se devaient de baisser le rideau à 18h30 ! Le "plus grand syndicat du monde libre" (près de 3 millions d'adhérents) ajoute que l'ouverture prolongée des boutiques ne mènerait non pas au plein-emploi, mais bien à une augmentation de contrats de travail à temps partiel.
Un débat houleux
Les partis politiques, quant à eux, ne parviennent pas à s'accorder sur la question : le Ministre de l'économie bavarois, Martin Zeil (FDP), juge les horaires actuels parfaitement obsolètes. Il rappelle que ces règles datent des années 1950, et il souhaiterait enfin adapter la loi au mode de vie actuel de ses concitoyens. La CSU se déchire encore sur ce thème : Markus Söder et Erwin Huber sont pour un assouplissement de la loi actuelle, mais le nouveau chef du parti Horst Seehofer se borne à voter contre. La SPD est quant à elle opposée à la vision de la FDP, qu'elle estime "dangereuse pour l'existence-même des petits commerçants".
Et les consommateurs, dans tout ça ? Ils se sont exprimés à 70 % en faveur d'une ouverture prolongée des magasins bavarois. Seul un quart d'entre eux, en revanche, a plébiscité la mort de la sacro-sainte fermeture dominicale. La Bavière se débat une fois encore entre son identité conservatrice et sa modernité pourtant bien palpable. Il semblerait que ce passionnant sujet soit loin d'être épuisé.
Magali Jakob-Loué (www.lepetitjournal.com/munich) Mardi 18 septembre 2012
Source :
http://www.abendzeitung-muenchen.de/inhalt.oeffnungszeiten-die-ladenschluss-kontroverse.47acf764-c3e9-418e-9cfd-97a998074ae0.html
http://www.sueddeutsche.de/muenchen/nach-erfolg-mit-shopping-nacht-einzelhaendler-fordern-verkaufsoffenen-feiertag-1.1463175
















