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AUGSBOURG - Sur les traces de Saint-Ulrich

Écrit par Lepetitjournal Munich
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 8 février 2018

Me voilà arrivée en juillet dernier, pour une installation dans la ville d'Augsbourg, dans une avenue à quelques pas d'une imposante église dont son clocher à Bulbe surplombe la ville : la basilique Saint-Ulrich et Sainte-Afra...

Au bout de la rue Maximilien, artère principale du vieil Augsbourg, se dresse devant la place Ulrich, sur les ruines d'un temple romain, ce bâtiment du XVIème siècle à double facette. En effet, avec sa disposition unique de deux églises "siamoises", cet édifice regroupe la grande basilique Saint Ulrich et Afra et, accolée à l'avant, Saint Ulrich, une petite église protestante. C'est suite à la guerre de Trente ans que cette cohabitation fut organisée. Le plus frappant, à première vue, ce sont ces immenses clochers coiffés d'un bulbe (appelé aussi oignon ou rave) aux allures un brin moscovites. On les retrouve aussi largement à Munich. Il semblerait que ces élégants "chapeaux" aient été empruntés aux formes architecturales byzantines alors que l'on cherchait des structures adaptées aux contraintes de la neige. Ils évoqueraient la flamme d'un cierge.

La Basilique de style gothique flamboyant possède un orgue monumental ainsi qu'un intérieur gothique agrémenté de superpositions baroques. Un sculpteur tyrolien au XVIIIème siècle a créé le groupe des 250 figurines en bois représentant les scènes de la Passion qu'abrite l'une des chapelles. C'est au sous-sol, dans la pénombre de sa crypte, que les sarcophages des deux saints éponymes Sainte-Afre (martyre du troisième siècle et Sainte de l'église catholique romaine depuis 1064) et Saint-Ulrich (Illustre évêque souabe du Xe siècle) sont entreposés.

Saint-Ulrich, "le Saint des Saints"
Mais qui était Saint-Ulrich dont le nom et l'empreinte semblent raisonner depuis Augsbourg jusqu'à l'Alsace ? Une commune porte son nom en Alsace, alors qu'il fut évêque d'Augsbourg. Né en 890 près de Zurich, il était issu d'une des familles les plus nobles d'Allemagne. Après sa formation au monastère de Saint-Gall, il passa sous la conduite d'Adalbéron, alors évêque d'Augsbourg et remplit auprès de lui divers emplois. Il y fut nommé évêque à son tour en l'an 924. On le disait favorisé par le don du miracle. Illustre par ses extraordinaires abstinences, sa générosité et sa vigilance :  il visitait son diocèse chaque année et distribuait lui-même ses aumônes. Pour protéger la ville des attaques hongroises, il fit construire tout autour une fortification en pierres. Il aurait également obtenu de l'Empereur Otto I "Le Grand" le droit de frapper des pièces. Il mourut nonagénaire, après quarante ans d'épiscopat. Il a été le premier saint catholique canonisé par décision de Rome (par le Pape Jean XV en 993). Saint-Ulrich reste, de nos jours, très populaire en Autriche, Alsace et même au nord de l'Italie.

Emmanuelle Del Giovane (www.lepetitjournal.com/munich) Jeudi 28 mars 2013

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Publié le 27 mars 2013, mis à jour le 8 février 2018
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