

Après avoir fait un stage au Mexique durant son cursus à l'EM de Lyon (Ecole de Management de Lyon), Rémi Casanova revient en 2009 à Mexico pour un VIE. Rencontre avec ce corse d'origine, âgé de 26 ans qui aime cuisiner français pour ses colocataires et a appris à connaître les Mexicains- et leur pays- tout en travaillant au sein de la direction financière d'Air France
Remi Casanova (photo: Morgane Jacquin)
Lepetitjournal.com: Pourrais-tu nous expliquer ce qu'est un V.I.E?
Rémi Casanova: Tu as de la chance car j'ai fait mon mémoire de fin d'étude sur le VIE! (rires) Cette abréviation veut dire: Volontariat International en Entreprise (V.I.E) qui est en fait l'héritage du service militaire en entreprise à l'étranger. C'est un contrat d'embauche qui implique 3 éléments: l'Etat français, le jeune diplômé (28 ans maximum) et l'entreprise qui permet aux jeunes fraîchement sortis de l'école de partir à l'étranger avec les mêmes conditions qu'un contrat français (cotisation à la sécurité française, pour la retraite..) avec un salaire indexé sur le niveau de vie du pays. Au Mexique, par exemple, un jeune reçoit 1800 euros nets par mois assurant de très bonnes conditions de vie. Personnellement, je me suis senti très encadré car l'Etat français nous prend en charge. Le paiement du salaire se fait par le biais du ministère des Affaires Etrangères. Dans mon cas, c'est Air France qui verse l'équivalent au ministère et l'avantage pour l'entreprise c'est une réduction des charges sociales.
Comment en es-tu arrivé ici? Au Mexique à faire un VIE au sein d'Air France?
J'étais déjà venu au Mexique lors d'un stage où je travaillais chez Valeo à Toluca en tant que commercial. Cela a duré 6 mois. J'ai adoré les gens, le pays, l'ambiance et le rapport au temps. Ici, c'est un peu différent de la France, c'est plus détendu, on va dire?. (rires). Mon frère était déjà parti en VIE en Espagne (Madrid) et cela lui avait permis d'avoir une expérience professionnelle importante à l'étranger. A ce moment-là, j'étais en banque d'investissement chez BNP-Paribas à Paris. C'était la crise, c'était devenu un peu dur et c'est comme ça que j'ai décidé de partir en Amérique Latine. J'ai envoyé mon CV pour des VIE au Guatemala, Argentine, Brésil. Mais c'est avec Air France, au bout de 2 mois de processus que j'ai décroché mon VIE comme contrôleur financier. Les VIE sont toujours recrutés en France. Donc j'ai fait toute une batterie de tests avec ressources humaines. Puis celle qui est maintenant ma chef chez Air France est venue à Paris pour connaître les futurs candidats. J'ai été sélectionné et je suis revenu au Mexique 3 ans après mon stage.
Quels sont les avantages d'un VIE?
C'est d'abord une expérience professionnelle internationale mais aussi une expérience culturelle car ce n'est pas la même chose d'être 6 mois que de rester 2 ans dans un pays où tu as le temps de te poser, de connaître les gens, la culture. Enfin, dans mon cas, comme la direction financière de Mexico est responsable de 3 zones (Mexique et Centre Amérique, Colombie et Venezuela), j'ai beaucoup voyagé et appris. Mais là, c'est la fin de mon contrat et je repars en France dimanche!
Qu'est ce que tu aimes de la ville de Mexico? Du Mexique?
Mexico c'est une ville qui bouge! Du lundi au dimanche, il y a toujours un endroit plein de monde où aller. C'est pas comme à Paris où de novembre à mars, t'as personne dans les rues, les cafés sont vides. Là, c'est une ville qui vit toujours? Parfois, c'est quand même un peu fatigant (rires?.)
Et du Mexique... Je crois que ce que j'ai le plus aimé ce sont: Las lagunas de Montebello. C'est une réserve naturelle perdue. On y arrive par un chemin en terre à la frontière avec le Guatemala et c'est vraiment hyper nature: des cabanes sans eau ni électricité au bord d'un lac, quelqu'un passe te prendre en pirogue , tu peux te baigner dans un cenote. C'est calme. C'est superbe quoi! Ça me changeait du GR20 en Corse ou des Aiguilles de Bavella (ça vaut le détour: Avis de Rémi!).
Après le VIE c'est le retour en France. Mais, Rémi a déjà tout préparé pour retourner vivre dans le froid hivernal parisien et éviter le blues post-Mexique.
Morgane Jacquin (www.Lepetitjournal.com/mexico) mardi 25 Janvier 2011
Pour plus d'informations sur les VIE, consulter le site de Ubifrance
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