Voici une sélection de 5 chansons françaises d'auteurs contemporains encore peu connus. Ces artistes exposent leur vision de la société, les petites choses du quotidien qui comptent pour eux, les lieux qu'ils connaissent. Une évocation parfois avec humour et ironie de la France d'aujourd'hui en paroles et musique.
Kwal "Chez Lucien"
On commence avec "Chez Lucien" de l'artiste Kwal alias Vincent Loiseau, 17 000 vues sur youtube. Il nous présente de manière très touchante les hommes qui peuplent le soir le bar de Lucien. Kwal a énormément voyagé. A travers ses périples, il trouve l'inspiration et rencontre des artistes du monde entier. Il lui arrive de se produire avec des artistes étrangers : Africains, Malien ou Palestinien. Il participe également à de nombreux projets d'actions culturelles en France et à l'international. Il produit également d'autres artistes, musiciens et slameurs. Mais c'est de lui que ce touche-à-tout nous parle avec son troisième album. Intitulé "Là où j'habite", celui-ci évoque au fil des chansons son quotidien, son quartier, ses voisins. C'est aussi le premier album où Kwal décide d'utiliser sa "vraie" voix sans la modifier. Parfois presque parlé, comme dans ce morceau, cet album est une invitation à découvrir son univers auquel il est difficile de résister.
Lautrec "Bikini"
"La cruauté tranquille du quotidien suffit" peut-on lire lorsqu'on visite le site de Lautrec, c'est le titre de son premier album, encore à venir, dont nous pouvons déjà découvrir quelques morceaux. Je vous propose donc "Bikini", son "tube" avec 15 000 vues en deux ans. L'artiste y chante son envie de quitter Paris, ne serait-ce que pour quelques jours, et de passer du temps en province, à la plage à regarder les filles en bikini, loin de la capitale morose. Le clip sert bien la musique et nous permet de découvrir son air rieur et son sourire communicatif.
Hugo TSR "Fenêtre sur rue"
Pas de clip en revanche pour "Fenêtre sur rue" d'Hugo TSR, c'est à vous d'imaginer mais ça ne sera pas bien dur puisqu'il nous conte ce qu'il voit dans la rue depuis sa fenêtre. Ca commence par une réplique de film qui pose le thème, comme pour toutes les chansons de l'album. Ce titre est tiré de Fenêtre sur cour d'Hitchcock, puis ça enchaine. Pas d'avalanche de punchlines ici, l'auteur n'y expose pas non plus ses opinions politiques comme il en a l'habitude dans d'autres chansons. Hugo ne juge pas, il se contente de décrire ce qu'il voit : les gens qui vivent, passent et se rencontrent. Et peu à peu, au fil des strophes se dessine cette cité du 18e arrondissement, la faune qui l'habite et les fleurs qui y poussent, souvent de travers il faut le dire. Du rap naturaliste donc, qui vous fera voyager là où aucune agence de voyage ne voudra jamais vous emmener.
Fatals Picards "La sécurité de l'emploi"
"Si vous gravez nos CDs c'est comme si vous tuiez des bébés chats !" ont un jour déclaré les Fatals Picards. Je vais faire pire, je vais carrément vous donner le lien youtube de leur titre "La sécurité de l'emploi". Une chanson sur "nos amis les profs, ces planqués qui font rien que de toucher la tune des impôts à bosser 18 heures par semaines avec 4 mois de vacances et tous les week-end complets. Salauds !" Les Fatals Picards qui se veulent des punks rigolos et que l'on devine politiquement "à gauche de la gauche" abordent le thème avec humour et ironie se mettant dans la peau d'un professeur de collège qui raconte ses riantes journées en compagnies de rejetons si sympathiques et bien élevés.
Les VRP
Les VRP sont un ovni dans le monde musical français tant par les thèmes abordés (si l'on peut parler de thèmes), que par leur parcours. Créé en 1988 le groupe fait ses débuts dans la rue, déguisé et maquillé, mêlant chanson et théâtre de rue. Il est impossible de regrouper leurs chansons sous un thème, une idée commune sinon peut-être celle de faire rire. Dans les années qui suivent, ils connaissent un certain succès, sortent 3 albums, jouent à l'étranger, passent à l'Olympia, remplissent les salles et se produisent au côté des grands noms du rock alternatif de l'époque. Puis, alors que leur renommée n'a cessé de croitre, ils décident de tout d'arrêter un beau soir de 1993 lors d'un concert aux Etat Généraux du Rock où ils font leurs adieux à la scène et jettent leurs instruments dans la foule, définitivement. Un geste qu'ils ont justifié par la volonté de ne pas s'institutionnaliser et se perdre. Eux qui enguirlandaient leur public lors des concerts et le perdaient à travers milles excentricités, ont souhaité s'arrêter lorsque la surprise a disparue et que le public est devenu capable de chanter par coeur leurs chansons avec eux. Quand à la chanson en elle même, je ne saurai trop quoi vous dire à son sujet, sinon qu'elle n'a aucun rapport avec le clip.
Fin de cette sélection non exhaustive. Et si vous avez vous-mêmes des propositions à nous faire sur le thème : allez-y ! Partagez vos morceaux dans les commentaires et faites nous découvrir du bon son.
Timothée Delabrouille (lepetitjournal.com/mexico) Vendredi 25 Juillet 2014







