

Vivre au Mexique? "Tout benef" commente, avec optimisme et humour Yoann Koppe, installé depuis 2008. Ce presque trentenaire est arrivé chez Nestlé Mexique par un coup du destin: "être au bon endroit, au bon moment et avec la bonne personne? comme il aime le définir. Découvrons son incroyable parcours depuis la France
Lepetitjournal.com: Comment avez-vous découvert le Mexique?
Yoann Koppe : Quand j'étais à Sup de Co Pau, je suis allé en Espagne faire un stage dans un hôtel pour quatre mois. Je suis tombé amoureux? de l'espagnol. Je savais seulement dire mon prénom? et cerveza (bière). Un quinquagénaire, responsable de la maintenance de l'hôtel, m'a tout appris, comme il l'aurait fait à un enfant de trois ans. De là, je suis reparti en échange universitaire à Barcelone où j'ai connu beaucoup de Mexicains qui m'invitaient à aller découvrir leur pays. Un an après, en juillet 2003, j'arrivais pour un mois?et cela est devenu une habitude?Venir un mois tous les étés chez mes amis jusqu'en 2007.
Et Nestlé Mexique, comment en êtes-vous arrivé là?
Je travaillais chez Nestlé France depuis 2000, c'est-à-dire depuis mes études en école de commerce. J'ai toujours travaillé en alternance. En 2008, lors de la convention de l'équipe de vente de Nestlé France, j'étais assis à côté du CEO de Nestlé France. Un Mexicain, Eugenio Minvielle. Nous commençons à parler du Mexique et il me propose que durant mon prochain voyage personnel j'aille présenter mon travail et que les responsables de l'équipe de vente Nestlé Mexique me présentent le marché mexicain. Après les deux jours de présentation, le vice-président m'a proposé de travailler au Mexique. J'ai dit oui et trois mois plus tard, en octobre 2008, je m'installais.
Comment s'est faite la séparation entre Nestlé France et vous?
Mon chef en France m'a tout de suite autorisé le changement et les choses ont commencé à se mettre en route. J'ai dû démissionner de Nestlé France et pendant ce temps-là, je faisais toute la paperasse pour avoir mon FM3 pour Mexico. C'est une fois au consulat que je me suis rendu compte que ce n'était pas une blague et je m'embarquais enfin au Mexique mais cette fois-ci pour y travailler ! (rires) En moins de douze heures, je n'avais plus d'appart, plus d'ordinateur, plus de voiture et même plus de téléphone portable !! Je n'avais qu'un porte-clé mais sans clé... C'était le moment de partir?
Quelles sont les différences entre Nestlé France et Nestlé Mexique?
Ici, les gens font beaucoup plus confiance aux jeunes. Le poste que j'occupe aujourd'hui, responsable CCSD pour la catégorie de cafés, tout canal de vente confondu (grossiste, supermarché, détail), ne serait pas confié à une personne de moins de 45 ans en France. On demande plus d'ancienneté. Au Mexique, c'est l'inverse : on change tous les ans de poste!
L'ambiance de travail est différente. En France, c'est plus froid au boulot, plus fermé. Ici tout le monde t'offre son aide, tu as tout de suite beaucoup plus de contacts. Ce n'est pas celui qui arrive qui doit faire l'effort de s'intégrer, mais ce sont ceux qui sont là qui contribueront à ton intégration. Ta relation avec tes collègues ne se limite pas à une relation de travail, c'est aussi une relation extra-boulot (aller dîner le soir, partir en week-end etc..)
Quelles sont les choses avec lesquelles vous bataillez le plus au travail ?
Les horaires! Ici, tu peux arriver en retard à une réunion. Ils ne sont pas à cheval sur les horaires. C'est l'inverse en France. Mais je me suis bien adapté et maintenant je commence à faire comme eux... (rires).
J'ai eu du mal car les Mexicains n'arrivent pas à dire non? Ils savent qu'ils n'auront pas l'info à temps mais ils n'osent pas dire non?Donc une fois que tu as compris cela, tu considères un peu plus de marges ?Il faut être un peu malicieux. Sinon je n'ai aucune déception.
Qu'est-ce qui vous a le plus surpris au Mexique?
Je n'avais pas une image très claire du Mexique avant de venir. Mais au cours de mes séjours, avec mes amis, j'ai pu comprendre comment on y vit.
1. La nourriture: les tacos de barbacoa, le côté épicé et mettre du citron et du sel sur tout!
2. Avoir 25 ans et vivre toujours chez ses parents...
3. La superficie du pays et les différences d'une région à l'autre.
4. Ce qui m'a frappé, c'est qu'il n'y a pas que de grands immeubles comme à Paris. Il n'y a pratiquement que des maisons et par ce fait la ville est très étendue.
5. Le type de voiture aussi : beaucoup n'existent pas en Europe.
De toute façon, les Mexicains feront tout pour que tu tombes amoureux de leur pays.
Morgane Jacquin (www.Lepetitjournal.com/Mexico) Mardi 31 Mai 2011







