

Cette semaine, le Petit journal est allé rencontrer Minouche Béraud-Suberville, présidente de Racines Françaises au Mexique (RFM). Récit d'une entrevue informelle et instructive avec un membre éminent de la "colonia francesa"
LPJ : Bonjour Minouche, peux-tu nous raconter la création de RFM ?
Minouche Béraud-Suberville : Je suis à l'origine de formation hôtelière, puis j'ai suivi des cours d'histoire à Mexico, qui m'ont orientée vers l'étude de l'histoire mexicaine. Au fil des années, je me suis rendu compte que mes origines franco-mexicaines, et plus généralement l'histoire des familles françaises implantées depuis plusieurs générations au Mexique, constituaient un sujet d'étude à part entière.
Le déclic est venu de ma rencontre avec Hélène Homps, conservatrice du Musée de la Vallée à Barcelonnette, qui retrace l'implantation des Barcelonnettes au Mexique. Cette dernière cherchait un relais sur place, pour sauvegarder les archives de cette aventure. La démarche impliquait une véritable organisation, du personnel et un local, et surtout une prise de contact avec la communauté barcelonnette historique. La voie était toute tracée pour la création d'une association à part entière, qui a élargi son étude à toutes les communautés françaises implantées au Mexique. Créée en 2003, l'association compte aujourd'hui environ 700 membres.
Quelles sont les principales activités de RFM aujourd'hui ?
D'abord, nous sauvegardons le passé en retraçant les histoires des implantations, au travers de conférences et de voyages sur les lieux historiques. Mais notre regard se porte aussi sur le présent et l'avenir. Nous assurons une permanence au consulat de France, afin de régulariser la situation des binationaux auprès de l'administration française (en effet, la double nationalité n'est reconnue par les autorités mexicaines que depuis 1998). Nous assurons également avec l'Alliance Française des cours de français. Nous voulons ainsi ramener dans le giron de la communauté les membres que des circonstances historiques ont pu éloigner, et faire prendre conscience aux jeunes générations de binationaux de leur double héritage. Pour cela, la newsletter de RFM est notre premier outil de communication.
(A ce moment de l'interview, nous sommes rejoints par Mme Chabre, femme du maire de Barcelonnette, venue rendre visite à Minouche)
En parlant de cet héritage, quelles sont les grandes lignes de l'histoire des Français, et plus précisément des Barcelonnettes, au Mexique ?
Après sa prise d'indépendance, le Mexique envoya des représentations sillonner l'Europe pour favoriser une immigration latine et catholique qui fasse un contrepoids à l'influence des États-Unis. Dès lors s'est constituée à Mexico et Veracruz une communauté française, qui comptait environ 2.000 membres en 1848. C'est vers cette époque que Barcelonnette a connu des départs de familles entières vers le Mexique.
Mme Chabre : On compte aujourd'hui à Barcelonnette (jumelée avec Valle de Bravo) un théâtre Zocalo, le Musée de la Vallée, et de nombreuses villas mexicaines construites par les descendants revenus au pays. De plus, des festivités mexicaines sont organisées chaque année, avec, entre autres, des orchestres de mariachis.
Quels sont les projets de RFM ?
Nous avons le projet de créer un musée, ici à Mexico. En effet, nous recevons des donations des familles, qui méritent un lieu qui leur soit dédié. D'autre part, les Mexicains n'ont pas forcément conscience de l'apport de la communauté française à leur pays, autant en termes économique (Palacio de Hierro, Liverpool?) que culturel. C'est un manque que nous comptons pallier.
Propos recueillis par Nicolas ARVIS (www.lepetitjournal.com - Mexico) mercredi 30 janvier 2008
Infos, renseignements : www.rfm.org.mx{mxc}







