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LYCÉE FRANCO-MEXICAIN – Mobilisation croissante contre le déconventionnement

Écrit par Lepetitjournal Mexico
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 28 novembre 2013

 

La contestation s'organise contre le déconventionnement du lycée franco-mexicain. Mercredi matin, plus d'une centaine de personnes ont manifesté devant les établissements de Polanco et de Coyoacán à l'appel du collectif Mon LFM. Un préavis de grève illimitée à partir de mercredi prochain a également été déposé par les syndicats des enseignants.

Parents d'élèves et enseignants ont manifesté mercredi devant le lycée franco-mexicain de Polanco. (Photo Romain Thieriot)

"Nous sommes ici pour exiger du lycée des informations véridiques et exactes sur le pourquoi de cette mesure, le pourquoi de la précipitation avec laquelle elle a été prise, explique Véronique Ramon-Déchelette, l'une des organisatrices du collectif Mon LFM, aux parents d'élèves et enseignants venus manifester devant le lycée franco-mexicain de Polanco mercredi à 7h30. Nous ne pouvons pas accepter que l'avenir de l'éducation de nos enfants, aussi bien en termes de qualité que de coûts, soit laissé dans le vague."

LFM_Polanco
Plus d'une centaine de personnes ont donc répondu à l'appel du collectif Mon LFM. Créé lundi dernier, il regroupe des parents d'élèves, certains de la FCPE mais aussi de l'APE, des professeurs et des anciens élèves inquiets du déconventionnement du lycée acté pour la rentrée de septembre 2014.

"Dire que cela ne va rien changer, c'est se moquer de nous, estime Audrey, déléguée APE. Cet établissement, qui est l'un des plus importants, a des résultats extraordinaires. C'est une affaire très sérieuse."

Les parents mexicains aussi préoccupés
Une affaire qui préoccupe également les parents mexicains. Dorotea a inscrit ses enfants au lycée "pour le prestige du système éducatif français". "Cela fait quatre ans maintenant et je vois la différence avec la SEP où j'ai étudié !, lance-t-elle. J'ai peur maintenant que la qualité de l'enseignement baisse, que les frais de scolarité augmentent, que les diplômes ne soient pas reconnus... Rien ne nous garantit que l'administration respecte ses promesses."                                                 
Mercredi. (Photo Romain Thieriot)

A Coyoacán, à 8h, soit une demi-heure avant le début des cours, les professeurs habillés de noirs ont été rejoints par les parents d'élèves qui souhaitaient eux aussi montrer leur mécontentement. Munie d'une pancarte "Touche pas à mon école" Laurette, déléguée APE, est inquiète du futur de ses enfants au LFM et déplore surtout le manque d'informations communiquées aux parents, y compris au sein de sa propre association, "comme si les parents étaient les derniers concernés". A 8h25, les professeurs ont regagné leur classe sous les applaudissements d'un groupe de parents d'élèves les soutenant dans leur protestation.

L'AEFE et l'Ambassade discrètes
L'Ambassade de France souligne sur son site Internet que ni elle ni l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) ne partagent cette décision de déconventionner mais qu'elles veilleront à ce que la transition se déroule dans les meilleures conditions. Contactée à de nombreuses reprises par la rédaction du Petit Journal de Mexico, l'AEFE n'a pas souhaité s'exprimer. Un conseil d'administration de l'Agence doit se tenir ce vendredi à Paris. Le LFM est inscrit à l'ordre du jour.

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En attendant, le collectif Mon LFM va réfléchir à plusieurs possibilités d'action. "Nous pourrions retirer nos enfants du lycée et faire la grève des paiements, avance Michel Picquart, délégué FCPE. Ou trouver des soutiens auprès des intellectuels franco-mexicains par exemple, communiquer le plus possible via les réseaux sociaux... Cette affaire peut également poser problème au personnel des entreprises françaises qui vont venir s'implanter ici." Et à François Hollande à quelques mois de sa visite au Mexique.

Mercredi. (Photo Romain Thieriot)

Préavis de grève illimitée à partir de mercredi prochain

Un préavis de grève illimitée à partir de mercredi prochain a été déposé par la Fédération syndicale unitaire (FSU). Envoyé aux parents d'élèves lundi, un communiqué signé à la fois par le LFM, l'AEFE et l'Ambassade a acté le déconventionnement de l'établissement pour la rentrée de septembre 2014. Une décision qui a surpris les enseignants qui n'ont pas été prévenus par leur employeur. "Nous avons l'impression d'être lâchés par l'AEFE. Nous n'avons plus rien à perdre", confie Sylvie Guétienne, représentante syndicale du SNES. Le LFM s'engage à proposer un contrat local de deux ans à tous les professeurs résidents. "Mais après, ils peuvent ne pas être reconduits, s'inquiète la déléguée des enseignants. Certains collègues ont fait leurs calculs et ils estiment qu'ils vont perdre environ 50% de leur salaire. D'autres ne veulent plus travailler ici à cause de la direction. Comment se fait-il qu'on ne puisse pas connaître la composition du conseil d'administration du lycée alors que c'est eux qui décident pour toute la communauté ? Est-ce qu'il a une légitimité ?"

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Des parents d'élèves devant le LFM de Coyoacán mercredi. (Photo JM Legaud)Et devant le LFM de Polanco. (Photo Romain Thieriot) 

Tristan Delamotte et Jean-Marie Legaud (Lepetitjournal.com/mexico) Jeudi 28 novembre 2013

lepetitjournal.com Mexico
Publié le 27 novembre 2013, mis à jour le 28 novembre 2013
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