

La décision de déconventionner prise unilatéralement par le conseil d'administration du lycée franco-mexicain le 11 novembre et annoncée comme effective dès septembre 2014 a provoqué de vifs remous au sein de la communauté franco-mexicaine et bien au-delà. Si dans un premier temps, les autorités françaises semblaient prises de cours, aujourd'hui plusieurs voix s'élèvent clairement contre cette situation de fait.
Une nouvelle mobilisation des parents d'élèves et des professeurs est prévue ce mardi matin devant les deux lycées. (photo Romain Thieriot)
Changement de ton côté français
"Le maintien de la convention actuelle reste la meilleure option pour le lycée, pour ses élèves et leurs familles et pour ses personnels." Cette déclaration de Romain Nadal, porte-parole du Quai d'Orsay lors d'un point-presse relayé par l'AFP vendredi 29 novembre 2013, semble donner une autre tournure aux événements agitant le lycée franco-mexicain (LFM) de la capitale.
Alors que dans un premier temps, l'Agence pour l'enseignement du français à l'étranger (AEFE) semblait prise de cours par l'annonce précipitée d'un déconventionnement effectif dès la rentrée 2014 (lire notre article), le ministère français des Affaires étrangères vient de réaffirmer son attachement au maintien de la convention actuelle liant le lycée franco-mexicain de Mexico à la France.
"Une concertation est engagée pour trouver une solution et nous suivons la discussion en cours avec la plus grande attention", a précisé le porte-parole, qui a par ailleurs souligné : "Notre pays a beaucoup investi dans cet établissement et la France continue à investir".
La réaction des professeurs titulaires se sentant abandonnés voire " trahis " par leur administration la semaine dernière (lire notre article) et les fortes mobilisations de parents d'élèves ont certainement alerté les autorités françaises sur la gravité de la crise et leur nécessité de réagir.
Cette crise du LFM intervient de plus à un moment particulièrement inopportun dans les relations franco-mexicaines alors qu'un conseil stratégique franco-mexicain présidé par François Hollande venait de se tenir le 6 novembre "pour créer une nouvelle dynamique dans les relations bilatérales entre la France et le Mexique".
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Nouvelle mobilisation des parents d'élèves Sur le site monlfm.com, le collectif des parents d'élèves contre le déconventionnement et les professeurs grévistes appellent à un nouveau rassemblement le mardi 3 décembre à 7h30 devant le lycée de Polanco et à 8h00 devant celui de Coyoacán. Ils lancent un appel pour " faire entendre (leur) voix, exiger des explications et appuyer la grève des enseignants " et pour " la transparence des décisions et la démocratie au LFM ". En revanche, le rassemblement devant l'Ambassade de France prévu mercredi 4 décembre à 10h00 a été annulé. |
L'ADFE appelle à la transparence et demande de nouveaux statuts
Dans un communiqué reçu le 28 novembre, la section Mexique de l'association Français du Monde - ADFE (classée à gauche) avait d'ailleurs souligné le paradoxe de la position de la France après l'annonce du déconventionnement et déploré "l'acceptation de la décision" des autorités françaises.
"Depuis sa création en 1950 le Lycée Franco-Mexicain a constitué une pièce maîtresse des relations bilatérales en contribuant à la formation de milliers de jeunes mexicains et français", précise l'association des Français de l'étranger qui demande donc à travers son communiqué "les raisons et explications publiques" du déconventionnement de la part du comité des directeurs du LFM. "L'argument selon lequel le LFM est une entité privée de droit mexicain ne justifie aucunement le manque de transparence."
Une mission de contrôle
Elle ajoute qu'une part importante du budget de l'établissement est constituée par les droits de scolarité payés par les parents d'élèves "en plus de l'apport de la France", venant contredire ainsi l'argument financier utilisé par la direction du lycée.
Par ailleurs, elle appelle le Parlement français à effectuer "une mission de contrôle sur place" et souhaite une actualisation de la convention de 2002 proposant "un modèle éducatif (...) fondé sur des valeurs démocratiques".
L'association souligne toutefois "le rôle historique joué par l'association Liceo franco-mexicano A.C." mais estime indispensable aujourd'hui "d'adapter les statuts de l'association (?) à la modernité de la société ".
Jean-Marie Legaud (www.lepetitjournal.com/mexico) Mardi 3 décembre 2013







