

Toutes les deux semaines, Lepetitjournal.com et le Centro de Lenguas y Arte, vous propose de découvrir ou redécouvrir un mot ou une expression espagnol. En espérant que cette série vous permette de mieux comprendre la langue et de vous rapprocher de la culture mexicaine, nous vous souhaitons bonne lecture
Au Mexique, on peut rencontrer quelques expressions et proverbes populaires faisant référence à un simple petit pain: le cocol.
Le cocol est un petit pain de campagne de forme triangulaire avec des graines de sésame saupoudrées sur le dessus que l'on peut trouver dans toutes les foires ambulantes.
Grâce aux caprices de Hernán Cortés, durant l'époque de la colonisation, après que les Espagnols se soient établis au Mexique, on commença à consommer le pain. Les plus raffinés étaient faits avec des recettes originales venues d''Espagne mais peu à peu, on commença à fabriquer des variétés plus simples pour les classes les plus basses. Et comme tout ce qui arrivait dans la Nouvelle-Espagne, le pain, lui aussi, passa par le processus du métissage. Ces mets ont alors pris des noms tels que chamuco, huarache, chilindrina, greñuda y cocol, tous ayant des racines venant du náhualt (langue indigène la plus parlée au Mexique)
Voici un proverbe sur le cocol:
?¡Ay, cocol! ¿Ya no te acuerdas cuando eras chimisclán?
Ya porque tienes tu ajonjolí, ya no te quieres acordar de mí.?
"Ay, cocol! Tu ne t'en rappelles déjà plus lorsque tu étais un chimisclán ?
Maintenant que tu as tes graines de sésame, tu ne veux plus te souvenir de moi"
Le cocol et le chimisclán sont deux pains similaires mais le cocol est légèrement meilleur car il est décoré de graines de sésame sur le dessus.
Le proverbe ci-dessus est né d'une moquerie que se faisaient les boulangers, à l'encontre de ceux qui pensaient avoir une meilleure position sociale et se sentaient supérieurs aux autres faisant semblant alors d'ignorer la condition humble dans laquelle ils se trouvaient auparavant. L'ironie réside dans le fait que la différence de qualité entre les deux pains n'est que très relative.
D'autre part, en náhuatl, la racine du mot coco était associée au concept de maladie: cocoxcacalli qui signifie un hôpital et cocoxqui, malade. Dans un texte anonyme trouvé à Pachuca en 1609, il est fait mention des cocoloztli, ces épidémies causées par les Espagnols qui apportèrent les virus venus d'Europe, sur le nouveau continent.
"Les maladies dangereuses dont souffrent les Espagnols, sont des points de côté et insolations: les nativos, eux, souffrent de cocolistle, maladies qui se propagent dans les boyaux, avec de grosses douleurs d'estomac et de fortes fièvres qui tuent au bout du cinquième jour et avant (...)"
C'est pour cela, qu'aujourd'hui, au Mexique, quand on dit que la cosa esta del cocol (la chose est de cocol), cela signifie que tout va très mal, qu'on en a par-dessus la tête ou qu'on affronte une situation compliquée et difficile.
?La situación de Arizona (inmigración) está del cocol?.
?La situation en Arizona (sur l'immigration) va très mal"
"Estoy del cocol de las leyes sobre la inmigración en Arizona"
"J'en ai par-dessus la tête des lois sur l'immigration en Arizona"
?Está del cocol acabar hoy mismo, pero lo intentaremos.?
?Cela va être compliqué de terminer notre travail aujourd'hui, mais nous essaierons tout de même d'y arriver?
Son origine vient des années 70 lorsque surgit à la télévision mexicaine le personnage du "Tata", un grand-père un peu bébête, interprété par Jorge Arvizu (comique mexicain). Le personnage demandait ce pain en particulier parce qu'il est mou et il n'est donc pas nécessaire d'avoir des dents pour le manger.
Cette célèbre phrase est utilisée, aujourd'hui, pour signifier à notre interlocuteur que nous parlons d'une époque révolue ou simplement que nous nous sentons vieux. Elle fait partie maintenant de l'imaginaire populaire mexicain:
?Me acuerdo de cuando abrieron el primer Mc Donalds en los ochentas, fuimos a comprar una cajita feliz.... ¡Quiero mi cocol!"
"Je me souviens lorsqu'ils ont ouvert le premier Mc Donalds dans les années 80, nous sommes allés acheter un Happy meal.... Je veux mon cocol!" (en prenant la voix d'un vieil homme)
Équipe CLA: Alejandra Mateos, Carolina Curnier, Christine Vassort (www.lepetitjournal.com/mexico) jeudi 28 avril 2011
CLA: Centro de Lenguas y Arte
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