

Chaque second jeudi du mois, découvrez les origines d'un mot rigolo et son équivalent espagnol en partenariat avec le CCC IFAL. Cette semaine: l'axolotl
Ambystoma mexicanum - Axolotl. Photo: Stan Shebs
Seuls trois mots ont gardé en français la terminaison ?tl, si fréquente en nahuatl. Le substantif qui désigne lui-même cette langue, nahuatl, le mot peyotl qui désigne une plante aux effets hallucinogènes, et le mot axolotl qui désigne un petit batracien originaire du lac de Mexico où il est d'ailleurs en voie de disparition.
Comme nous l'avons vu précédemment, d'autres mots d'origine nahuatl ont perdu cette terminaison, comme tomate, cacao, chocolat, avocat, ocelot, coyote ou encore cacahuète, sans doute parce que cette "affriquée à relâchement latéral" posait trop de problèmes de prononciation aux Espagnols et aux Français qui, découvrant ces produits, tentèrent de les nommer pour mieux les importer. L'étymologie nahuatl de haricot pose problème, mais certains pensent que le mot est un dérivé d'acayotl, avec influence de l'ancien français harigoter (d'où vient haricot de mouton).
Penchons-nous quelques minutes sur l'axolotl (mot masculin en français). Ambystoma mexicanum est une espèce d'urodèles de la famille des Ambystomatidae; voilà sans doute qui n'éclairera la lanterne que de quelques latinistes et biologistes avertis, lecteurs attentifs du PetitJournal.com. Nous retiendrons pour notre part que cet animal fascine les scientifiques pour au moins deux raisons: il a la capacité de régénérer des organes endommagés ou détruits, il peut passer sa vie à l'état larvaire (néoténie), tout en conservant sa capacité de reproduction (pédogenèse). Sa néoténie surprit d'ailleurs au XIXème siècle le conservateur du Jardin des Plantes de Paris Auguste Duméril, qui trouva un beau matin une espèce inconnue ressemblant à une salamandre à la place de l'animal qui se trouvait la veille dans son aquarium.
De Julio Cortázar [1] à Primo Levi [2], l'axolotl fascine également les écrivains. Nul doute que vous aurez à c?ur d'aller vous-même en observer au zoo de Chapultepec.
[1] Axolotl, dans le recueil Final del juego, 1956, en français dans le recueil les armes secrètes, 1959, Gallimard Folio
[2] Papillons angéliques, dans le recueil Histoires naturelles, (titre original Storie naturali, 1966), Gallimard, 1994
Equipe du CCC-IFAL: Patrick Riba ? Arturo Vazquez Barron (www.lepetitjournal.com/mexico) jeudi 14 juillet 2011
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