

Juan Rodríguez a quitté le Mexique fin novembre 2013 pour aller étudier en France dans la prestigieuse Ecole nationale d'administration, l'ENA située à Strasbourg. Mais c'est une autre ville française qu'il découvre durant son stage : Bordeaux, grande ville de province chargée d'histoire aux immeubles majestueux et aux places élégantes. Si les Mexicains la connaissent pour son vin, ils ne savent peut-être pas qu'elle accueille aussi un consulat du Mexique.
Place de la Bourse à Bordeaux (Juan Rodriguez)
L'histoire du Mexique et de Bordeaux date de très longtemps. De nos jours il est difficile de l'imaginer mais on sait qu'il y avait une connexion maritime entre Bordeaux et Veracruz ! Déjà, dans le musée du vin à Bordeaux on peut regarder une bouteille avec l'aigle mexicain destinée à Porfirio Díaz.
Accueil chaleureux du consul honoraire
"Aujourd'hui, la relation entre cette ville et le Mexique se fonde particulièrement sur deux secteurs : celui du vin et celui de l'aéronautique. Sans laisser de côté la relance des échanges culturels qu'on envisage de faire dans l'avenir". Ces mots appartiennent à M. Denis Mollat, consul honoraire du Mexique à Bordeaux, qui m'a reçu dans son bureau situé au numéro 11 de la rue Vital Carles en plein centre-ville.
Un consulat et une librairie
Le bâtiment qui héberge le Consulat mexicain est en même temps le siège d'une des plus grandes librairies indépendantes en France : la Librairie Mollat. Mais ce n'est pas tout, dans cet endroit s'élevait la dernière maison habitée à Bordeaux par Montesquieu ! On peut imaginer alors la valeur ajoutée que tout cela représente pour nous, Mexicains. Néanmoins, le plus important reste toujours dans la personne de Monsieur Mollat.
M. Denis Mollat consul honoraire du Mexique à Bordeaux et libraire. (Juan Rodriguez)
Il m'a reçu personnellement dans son bureau de travail "Bienvenue chez vous", m'a-t-il dit. On a discuté à propos de mon séjour en France et il s'est vivement intéressé par mon stage et les activités que je fais ici. "Cela fait déjà quinze ans que je suis Consul honoraire à Bordeaux. C'est une grande distinction et surtout, un plaisir de développer cette mission."
« plus besoin de monter à Paris »
"Avant le consulat se trouvait assez éloigné du centre-ville, ce qui restait une contrainte pour les personnes qui voulait s'y rendre. En plus, maintenant on a la capacité de délivrer des passeports biométriques sans que la personne soit obligée de monter à Paris pour le faire."

La conversation se déroule comme les pláticas mexicaines, sans complications, sans pressions, même quand on s'aperçoit que M. le Consul est quelqu'un avec beaucoup d'obligations. Ce soir, par exemple, la librairie qu'il dirige aura comme invité M. Lionel Jospin, ancien premier ministre, qui vient présenter son dernier livre.
?nologie : de la Basse-Californie à Bordeaux
Il s'intéresse à mon domaine d'expertise : l'évaluation des politiques éducatives. Et il me raconte des anecdotes à propos des ?nologues mexicains qui viennent directement d'Aguascalientes et Baja California pour suivre des cours et ainsi perfectionner leurs connaissances sur le vin. De même, les échanges historiques et stratégiques dans le domaine de l'aviation, particulièrement Airbus, Querétaro et Bordeaux.
Une conversation courte dans la vie d'une personne mais profonde comme deux esprits qui se rencontrent. Le ciel sur la ville est bleu. Il fait beau dehors. Le soleil rentre par le balcon de son bureau et les rayons donnent une clarté exceptionnelle à la pièce. Je lui demande une photo "por favor". Il sourit et il me dit : "bien sûr, à côté du drapeau".
La gentillesse est un signe d'humilité et il descend les deux étages qui nous séparent du rez-de-chaussée pour m'accompagner jusqu'à la porte. "Enchanté de vous avoir rencontré Monsieur", me dit-il en me serrant la main. Un bouquin sous le bras, le vent qui court sur mon visage et mes pas qui marchent vers le tram.

Juan Rodríguez pour (Lepetitjournal.com/mexico) Jeudi 05 juin 2014







