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FELIPE DE LA TORRE - Un artiste humain, des œuvres intrigantes

Écrit par Lepetitjournal Mexico
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

Felipe de la Torre est un peintre mexicain dont la renommée dépasse les frontières du pays. Sa francophilie ne fait aucun doute: il vécut en France dans les années soixante-dix, maîtrise parfaitement la langue de Molière et est marié avec une Française. Lors de sa dernière exposition, il a accepté de répondre aux questions du Petitjournal.com et de nous parler de son travail

LePetitJournal.com: Vous êtes souvent qualifié de peintre architecte. Pourquoi?
Felipe de la Torre
: Certainement parce que je n'ai jamais été élève d'une école d'arts plastiques et parce que j'ai suivi une formation d'architecte à l'école d'architecture de la U.N.A.M. qui m'a beaucoup apporté. Beaucoup d'artistes, dans de nombreux domaines, comme celui du cinéma, de la poésie ou de la scénographie ont une formation d'architecte qui est une des plus complètes et complexes.

Quelles sont vos influences artistiques?
Mes influences sont multiples parce que je m'intéresse à tout. Elles vont des Espagnols Goya, Velázquez et El Greco, aux peintres flamands, juifs, arabes et indiens en passant par les impressionnistes du 19ème siècle. Pour moi, plus il y a de mélanges, mieux c'est.

Quelles sont les couleurs dominantes de vos peintures?
Comme tout être humain, je suis déterminé par mon lieu de naissance. Étant originaire de l'État de Jalisco qui est une région semi-désertique, j'aime la couleur terre, le rouge ou le vert. Le bleu est une couleur qui me fascine depuis que j'ai découvert la mer tardivement, à l'âge de dix-neuf ans.

Quels sont vos techniques et vos supports favoris?
J'aime beaucoup utiliser l'encre, l'aquarelle, l'acrylique et la peinture à l'huile. Je peins aussi bien sur toile que sur papier et sur bois.
J'apprécie aussi la sculpture et la gravure avec des pointes sèches.

Beaucoup de toiles exposées aujourd'hui sont des autoportraits, pouvez-vous nous en dire quelques mots?
En fait, pour cette série, qui s'appelle Monologos, je voulais prendre pour modèle mon beau-frère mais mes souvenirs le concernant étaient trop vagues. D'un point de vue pratique, faire des portraits de moi-même est beaucoup plus simple : un petit miroir suffit à leurs réalisations.

Vous peignez aussi beaucoup de nus. Pourquoi?
Il y a beaucoup à dire concernant le corps, c'est fascinant. Il est unique et ne se répétera pas. De plus, c'est la seule chose qui nous appartient en propre.

Lors de cette exposition, vous mettez en vente vos peintures, n'est-ce pas difficile de vous séparer de vos ?uvres? 
J'aime beaucoup dessiner et peindre mais je n'aime pas les objets. Je suis attaché à ceux que ma femme et mes enfants apprécient mais pour le reste je n'ai pas de relations émotionnelles avec mes peintures. Si j'en conserve certaines, c'est uniquement parce qu'elles peuvent me servir de références dans mon travail.

Quelle est la place de l'artiste dans la société en général et dans la société mexicaine en particulier?
On ne peut pas être artiste si on ne s'intéresse pas à l'autre, à la culture et à la société.
Je pense qu'il y a un grand futur pour l'art à Mexico, il est une nécessité pour nous qui sommes un peuple théâtral et dramatique. Les Mexicains adoptent souvent la posture de l'acteur quand ils disent "te amo" et "ahorita" ou utilisent des métaphores et autres euphémismes.

Quels sont vos projets?
J'expose à partir du 11 mai à la U.N.A.M. au musée MUCA. Le but de cette exposition est didactique, il s'agira de montrer comment la formation d'architecte peut aider à la création dans d'autres domaines artistiques.
Ensuite, direction la France où j'exposerai à Paris, à la galerie Spart, située 41 rue de Seine. Enfin, ce sera une autre exposition à l'Océanopolis de Brest.

Si vous êtes intéressé par son travail, n'hésitez pas à contacter Felipe de la Torre:
Téléphone: 5277 2667
Adresse mail: felipedelatorrev@yahoo.com.mx

Olivier CHARPENTIER (www.lepetitjournal.com/mexico) lundi 18 avril 2011

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Publié le 18 avril 2011, mis à jour le 14 novembre 2012
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