

Aujourd'hui, dans toute l'Amérique latine, on célèbre le "Día de la Raza", en souvenir de la découverte du Nouveau monde par Christophe Colomb. Mais au Mexique comme dans d'autres pays, cette journée est, pour certains, synonyme d'amertume
Carte ancienne du Mexique (Photo : Wikipédia)
Le 12 octobre 1492, les habitants de l'île de Guanahani ont fait une rencontre qui allait chambouler leur existence. Ils ont découvert qu'il existait des hommes blancs de peau, àqui des poils poussaient ailleurs que sur le crâne, couverts de vêtements aux formes étranges. Les habitants de Guanahani ne l'ont pas compris tout de suite, mais les hommes blancs qui ont débarquésur leur plage les ont pris pour des "Indios"et se fichaient bien du nom de leur île, qu'ils ont préféréappeler àleur façon, San Salvador.
Ce que les indigènes de cette petite île ? qui fait partie aujourd'hui de l'archipel des Bahamas ? ont pris pour des "montagnes flottantes"étaient évidemment "La Pinta", "La Niña"et la "Santa María", les trois caravelles emmenées par Christophe Colomb. Le marin génois venait de découvrir l'Amérique. Accompagnéd'une centaine d'hommes, il avait quittéle port de Palos de la Frontera, au sud de l'Espagne, le 3 août 1492. Pour le compte des Rois Catholiques, Fernando et Isabel, Colomb était censéouvrir une nouvelle route vers les Indes.
Une symbolique ambivalente
Raté: l'Espagne n'a pas bénéficiéd'un raccourci maritime vers l'Extrême-Orient. En revanche, elle a étéaux premières loges pour s'approprier une énorme partie de ce nouveau continent, se dotant d'un empire colonial presque sans équivalent. Conscients de l'importance de cette découverte, les Espagnols ont fait du 12 octobre leur fête nationale. A Madrid et dans le reste du pays, on célèbre aujourd'hui la "Journée de l'Hispanité", symbole de la fiertéque ressentent les Espagnols pour avoir diffuséleur culture et leur langue sur le continent américain.
De l'autre côtéde l'Atlantique, ce qu'on appelle le "Día de la Raza"revêt une symbolique pleine d'ambivalence et sans doute moins festive. Si tout le monde reconnaît que le 12 octobre a étéle point de départ de ce mélange qui caractérise aujourd'hui l'Amérique latine, pour certains, il a surtout marquéle commencement de la fin pour ses peuples indigènes.
"Revendiquer la dignitéet la culture indigènes"
Au Mexique, même si certaines entreprises et écoles choisissent de faire relâche, il ne s'agit pas d'un jour fériéofficiel. Certaines personnes viennent déposer des gerbes de fleurs au pied de la statue de Cristobal Colón ou devant le Monumento a la Raza, qui se trouvent tous deux sur Reforma;mais un peu plus au sud de l'avenue, sur la glorieta Cuauhtémoc, il n'est pas rare de croiser des défenseurs de l'intégritédes cultures indigènes, vêtu de costumes traditionnels aztèques.
Puisque le métissage et la place des indigènes dans la sociétésont toujours des sujets des plus sensibles au Mexique, le président Vicente Fox avait tenté, en 2002, de donner une orientation différente au "Jour de la Race", en déclarant qu'il serait l'occasion de "revendiquer la dignitéet la culture indigènes". Ou du moins, ce qu'il en reste, diront certains.
Camille VAYSSETTES (www.lepetitjournal.com) 12 octobre 2006
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