


Don José de la Borda
Venu rejoindre son frère en 1716, les deux durent changer de nom et prétendre être nés sur le versant espagnol des Pyrénées, à Jaca, afin de pouvoir travailler les mines en accord avec les lois du temps interdisant cette activité aux étrangers. Surnommé le « Phoenix des Mineurs d'Amérique » pour avoir fait trois fois fortune au long d'une vie mouvementée qui le mena de Taxco à Zacatecas en passant par Tlalpujahua, Real del Monte et autres centres producteurs d'argent, cet homme infatigable reflète la piété de son siècle lorsque, après être devenu veuf, il décide de consacrer ses richesses et même ses enfants au service de Dieu. Tandis que sa fille prend le voile au couvent de Jesús María, à Mexico, son fils Manuel sera le premier à occuper la chaire de ce joyau de l'architecture baroque, où seule une cartouche sur le portrait de don José laisse pointer la vérité: « Natural de los Reynos de Francia... »

Bénéficiaire des Réformes imposées par les Bourbons qui contribuèrent à semer le germe de l'indépendance en attisant le mécontentement des Créoles, Don José 
Iglesia de Santa Prisca à Taxco
L'église de Santa Prisca, quant à elle, fait toujours belle figure et, bien que la descendance que Manuel fit légitimer à grand-peine ait sombré dans l'anonymat, son charme unique perpètre la mémoire de son fondateur. Sans doute une visite incontournable mais, la prochaine fois que vous en aurez l'occasion, gardez une pensée pour cet homme singulier dont l'oeuvre impérissable constitue un témoignage des premiers Français au Mexique.
Historien et chroniqueur de Racines Françaises au Mexique (RFM), Jacques Paire est l'auteur de Senderos de plata, Historia del Fénix de los mineros et De caracoles y escamoles, un cocinero francés en tiempos de don Porfirio. {mxc}







