Édition internationale

SECURITE - Journaliste au Mexique, un métier à risque

Écrit par Lepetitjournal Mexico
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

Le Mexique se classe au rang de pays le plus dangereux du continent pour les médias. Selon les sources de Reporters Sans Frontières, il était en 2010, le deuxième pays le plus meurtrier pour la presse avec l'Irak, derrière le Pakistan

Image de la campagne de Reporters Sans Frontières: "Merde à la liberté d'expression. Réservez vos vacances au Mexique"

Un record inquiétant
Le 19 janvier dernier, Karla Garcia Ramirez, journaliste ayant dénoncé plusieurs actes de corruption de fonctionnaires au sein d'un ministère du gouvernement mexicain, demandait asile aux autorités canadiennes pour protéger sa vie et celle de ses proches. La polémique autour la sécurité des journalistes avait été relancée quelques temps auparavant par le meurtre de Raúl Régulo Garza Quirino, journaliste collaborateur de la Ultima Palabra, criblé de balles dans son véhicule personnel. L'enquête révèlera par la suite qu'il aura été victime d'erreur sur la personne, n'étant pas la cible initiale de ses agresseurs.
Ces tristes évènements auront, espérons-le, pour vertu de remettre en lumière ce sujet difficile en cette année électorale. Depuis 2000, 80 journalistes ont été assassinés dans l'ensemble du pays et 14 autres sont portés disparus depuis 2003, portant le Mexique au rang de pays le plus dangereux du continent américain pour les médias.

Crime et impunité
Cette situation préoccupante l'est d'autant plus que la grande majorité de ces crimes n'ont jamais été élucidés. Depuis 2008 et l'offensive militaire lancée par le gouvernement contre le narcotrafic, les crimes à l'encontre des journalistes ont augmenté de manière significative, du fait de la difficulté de gérer la montée de la violence au sein du territoire. D'autre part, la sectorisation fédérale des administrations représente également un frein administratif dans le processus d'enquête.

Une cinquantaine de poètes, d'écrivains et journalistes, parmi lesquels Laura Esquivel ou encore Elena Poniatowska entre autres, se sont réunis hier à Mexico DF suite à la convocation lancée par le Pen Club International pour dénoncer cette impunité et réclamer la protection de la profession. Si le gouvernement a pour rôle d'assurer la protection de ses citoyens, aujourd'hui nombreux sont ceux et celles qui décident de dénoncer le trafic de drogue ou la corruption gouvernementale, mettant leur vie en péril au nom de la liberté d'expression.
Claire ROZIER (
www.lepetitjournal.com/Mexico) mardi 31 janvier 2012

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Publié le 31 janvier 2012, mis à jour le 5 janvier 2018
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