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PUEBLA – La plus espagnole des villes mexicaines

Écrit par Lepetitjournal Mexico
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 7 janvier 2016

A 2 heures en voiture de la capitale mexicaine se trouve l'une des plus célèbres villes du pays : Puebla. Située entre trois volcans importants, le Popocatépetl, Itzaccíhuatl et la Malinche, la ville est la 4e du Mexique par sa population. Cité coloniale emblématique, Puebla peut s'enorgueillir d'un riche patrimoine historique, culturel et religieux. 

Le centre ville dévoile quelques quartiers authentiques où commerce et religion ne sont jamais très éloignés. (Photo Tristan Delamotte)  

La cité de Puebla, espagnole par excellence, a été fondée en 1535 sur ordre d'Hernán Cortès. Quelques années auparavant, en 1519, le Conquistador était passé avec ses troupes dans cette région lors de sa marche vers la ville de Mexico-Tenochtitlan, en laissant derrière lui le tristement célèbre massacre de Cholula. 

Autre événement historique quelques siècles plus tard, Puebla fut également le théâtre du fameux 5 de Mayo. Cet événement, célébré comme une fête nationale, marque la victoire de l'armée mexicaine sur les troupes françaises en 1862. 

La ville aux 365 églises

Riche d'un important patrimoine culturel et architectural, la cité coloniale représente aujourd'hui une valeur montante du tourisme national. La construction de la ville est intrinsèquement liée à la religion. On compterait à Puebla plus de 365 églises soit autant que de jours par an. Ainsi, on dit que les plus fervents catholiques auraient un lieu de culte différent pour tous les jours de l'année. L'architecture y est très baroque. Voir même ultra baroque à la vue des décorations intérieures des édifices. Ce style particulièrement chargé et les fameuses talaveras, ces céramiques typiques de la région qui ornent les murs et les toits ont fait le caractère de la ville.

Un des joyaux de la ville, la cathédrale aux styles Renaissance et néoclassique et à droite l'intérieur de la Capilla del Rosario qui se trouve dans le Templo Santo Domingo. (Photos Tristan Delamotte)

Petit recorrido autour du zócalo

Impossible de passer à côté de l'immense zócalo de la ville. Longé par la cathédrale et le Palacio Municipal qui se font face, et complété par des bâtisses à grandes arcades, c'est une place qui vaut le détour. Au milieu de ce terre plein très boisé se situe la fontaine San Miguel, du nom de l'archange de la ville et présente depuis la fin du XVIIIème siècle. La Cathédrale vaut également un petit arrêt. Les 74 années sur lesquelles s'est étalée sa construction explique les différents styles qui la composent, de la Renaissance au néoclassique. Sa coupole entièrement recouverte de talaveras jaunes et vertes est typique de la région.

Derrière la cathédrale, en empruntant l'avenue 16 de septiembre, on tombe sur la Casa del Deán, petit bijou de l'architecture poblana. Une des plus vieilles bâtisses de la ville, qui fut construite lors de sa fondation. Il ya quelques années, des étudiants en beaux arts y ont découvert d'anciennes fresques style Renaissance sous des couches de peinture qui les avaient soigneusement cachées pendant des centaines d'années. 

Quelques quartiers où flâner

En s'éloignant un peu du zócalo, vous tomberez facilement sur quelques barrios présentant tous un attrait particulier. Dans le barrio de los Sapos, de nombreux antiquaires tiennent leurs boutiques où vous trouverez toutes sortes de vieilleries, d'objets décoratifs aux ustensiles d'occasion. Les amateurs de vieux appareils photo en tout genre seront ravis. C'est dans ce quartier, sur la petite place principale, que vous pourrez déguster une boisson typique de Puebla, la Pasita, dans le bar du même nom. C'est une liqueur inventée par le père de l'actuel gérant. La recette ? Un alcool à base de raisin sec servi avec un petit bout de fromage au fond du verre. Avec le mole poblano que vous pouvez déguster un peu partout dans la ville, c'est devenu une vraie spécialité.

Dans le quartier de los Sapos, de nombreux antiquaires tiennent leurs boutiques et l'on peut y déguster une boisson typique de Puebla, la Pasita. (Photos Tristan Delamotte)

Un peu plus au nord-est de la ville, dans l'angle entre la calle 6 de Norte et 4 Oriente, on  arrive sur le barrio del artista. Dans les années 1940, suite à l'initiative d'un groupe d'étudiants en arts plastiques, l'ancien quartier Parían de los Tornos changea de visage. Peu à peu des peintres y ouvrirent leurs ateliers et le quartier devint une sorte de mini Saint Germain des Prés. Autant le dire tout de suite, les tableaux exposés aujourd'hui sont loin du chef d'?uvre mais c'est plus pour l'ambiance qu'il y règne que ce quartier vaut le coup d'?il. Les ateliers de peinture sont en général ouverts sur la rue, et vous pourrez donc voir les artistes à l'?uvre.

Enfin faites un petit tour au Parían, le marché d'artisanats de la ville. L'appellation viendrait des Philippines et signifierait "marché". Cette place date de 1930, quand le zócalo alors envahi par les marchands fut délaissé au profit de cette place. On y trouve aujourd'hui tous les souvenirs typiques du Mexique et évidemment les spécialités de la ville.

Camille François (lepetitjournal.com/mexico) Jeudi 07 janvier 2016 (Republication)

lepetitjournal.com Mexico
Publié le 6 janvier 2016, mis à jour le 7 janvier 2016
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