

Décédé le premier avril dernier, l'ancien président Miguel de la Madrid a reçu l'hommage unanime de la nation mexicaine. Pourtant son nom reste lié à deux crises majeures de l'histoire moderne du pays aztèque: le tremblement de terre de 1985 et la fraude électorale de 1988. Flashback

Miguel de la Madrid Hurtado est né à Colima, le 12 décembre 1934. Après des études de droit à l'Université Nationale Autonome de Mexico, il prolonge sa formation aux États-Unis où il fréquente la prestigieuse université Harvard. Le futur président mexicain rejoint, quelque temps plus tard, la banque de Mexico puis intègre la PEMEX, la compagnie nationale pétrolière. Parallèlement, il adhère au Parti Révolutionnaire Institutionnel, au pouvoir au Mexique depuis des décennies. Avec d'autres, il forme la jeune garde de ce parti politique et s'y fait remarquer pour son pragmatisme. Son ascension est fulgurante puisqu'en 1979, José López Portillo, le président de la République en exercice, lui confie les rênes du ministère du budget. Deux années plus tard, il en fait son successeur en le désignant comme candidat présidentiel du PRI.
La gestion catastrophique du séisme de 1985
Miguel de la Madrid Hurtado accède à la présidence de la république en décembre 1982. Son mandat commence mal. Il hérite, en effet, d'une situation économique désastreuse provoquée, entre autres, par la nationalisation des banques décidée par son prédécesseur. Le nouveau chef de l'exécutif amorce alors un tournant et engage son pays dans une vague de privatisations sans précédent. Ces privatisations aiguisent évidemment les appétits et favorisent l'affairisme. Le 19 septembre 1985, un séisme de 8,5 degrés sur l'échelle de Richter détruit une partie de Mexico et fait 40.000 morts. Les autorités réagissent pour le moins maladroitement: elles refusent l'aide internationale et la mobilisation des forces armées. Les Mexicains, écœurés, prennent les choses en main en organisant eux-mêmes les secours. La société civile est née. Le régime mis en place par le PRI est, quant à lui, ébranlé. Le triste mandat de Miguel de la Madrid s'achève comme il s'est déroulé, dans la polémique. Le président, encore en exercice pour quelques mois, couvre la fraude électorale lors du scrutin présidentiel du 3 juillet 1988 et vole, de ce fait, la victoire au candidat de la gauche...
L'ex se rebelle
Deux années après avoir quitté los Pinos, Miguel de la Madrid est nommé directeur de la prestigieuse maison d'édition Fondo de Cultura Economica (FCE). Sa nomination provoque un tollé : les employés du fonds se mettent en grève en expliquant que l'ancien président mexicain "ne dispose d'aucune qualification particulière pour administrer l'entreprise". Néanmoins, la simplicité de celui qui a dirigé le Mexique pendant six ans les fait vite changer d'avis. Dans une société où le nombre de gardes du corps est un signe extérieur de pouvoir, ne voit-on pas Miguel de la Madrid quitter ses bureaux accompagné de son seul chauffeur ? En 2009, alors qu'il n'occupe plus aucun poste officiel, De la Madrid sort de sa discrète retraite et accuse violemment son successeur Carlos Salinas d'avoir volé les fonds secrets de la présidence. Effrayé par le scandale, il s'empresse néanmoins de tout démentir dans une lettre publique, quitte à passer pour un septuagénaire incapable de maîtriser ses mots.
Olivier CHARPENTIER (www.lepetitjournal.com/mexico) mardi 3 juillet 2012
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