

Quand il accède à la présidence de la République en 2000, Vicente Fox incarne l'espoir d'un printemps démocratique pour le Mexique. Six ans plus tard, la déception est immense. En cause, plusieurs scandales retentissants. Florilège
Vicente Fox
Des goûts de luxe
A peine quelques mois après avoir mis un terme à la domination du Parti Révolutionnaire Institutionnel sur la vie politique de son pays, le tout nouveau chef de l'exécutif est éclaboussé par un scandale qui fera couler beaucoup d'encre au Mexique. En juin 2001, en effet, le quotidien Milenio publie la liste des dépenses somptuaires engagées par Vicente Fox pour aménager à son goût Los Pinos, la résidence officielle du président de la République. Parmi elles, plusieurs nappes rectangulaires valant 7.500 dollars chacune, des rideaux électrifiés avec commande à distance payés 18.000 dollars ou encore des serviettes de bain et des parures de draps de lit coûtant respectivement 500 et 1.500 dollars la pièce. Evidemment, dans un pays miné par la pauvreté, ces dépenses -d'un montant total avoisinant les huit millions de pesos- passent mal. L'opposition dénonce avec vigueur un gaspillage intolérable et rappelle au président Fox ses promesses d'austérité. La majorité, très embrassée par cette affaire, manque de voix pour défendre son chef. Certains de ses membres vont même jusqu'à critiquer l'attitude de Vicente Fox, à l'instar du député conservateur Mauricio Candiani qui juge cette liste d'achats "hautement critiquable".
Le président gaffeur
Le mandat du président Fox est marqué par une série de gaffes qui mettront à mal son image tant au niveau national qu'international. En 2006, par exemple, alors qu'il patiente sur le plateau de Telemundo avant une interview et pense que les micros sont éteints, Fox prononce ces quelques mots qui feront grand bruit au Mexique: "Allez, je suis libre maintenant, je ne serai plus président dans quelques mois, je m'en fous, je vais dire n'importe quoi". Le président mexicain aurait pourtant dû être sur ses gardes puisque, quelques mois auparavant, il s'était déjà fait piéger par des micros indiscrets alors qu'il conversait au téléphone avec Fidel Castro. La diffusion de cette conversation fera scandale au Mexique comme à Cuba puisqu'on y entend Vicente Fox s'adresser à son homologue en des termes fort peu diplomatiques, afin que ce dernier ne s'éternise pas sur le territoire aztèque à la suite d'un sommet international qui y était organisé: "tu manges et tu t'en vas".
Le ranch somptueux
En septembre 2007, l'ex-président mexicain Vicente Fox, qui a quitté le pouvoir récemment, ouvre les portes de son ranch à la revue Quien. Mal lui en a pris. Les pages intérieures du magazine consacrées à sa résidence interpellent, en effet, les lecteurs qui se demandent si les émoluments d'un chef d'État sont suffisants pour s'offrir une propriété avec piscine, lac, jardin peuplé d'oiseaux exotiques et meubles rares. Vicente Fox a beau jurer que son ranch sert avant tout à produire des fruits et des légumes et qu'il a été payé grâce au salaire versé par Coca-Cola (dont il fut le président pour l'Amérique latine), ses arguments ne suffisent pas à convaincre ses compatriotes. Ricardo Monreal, sénateur du Parti de la Révolution Démocratique, demandera que ses comptes bancaires soient gelés et saisira la justice de dix délits successifs, allant de l'enrichissement illicite au trafic d'influence.
Olivier CHARPENTIER (www.lepetitjournal.com/mexico) mercredi 11 avril 2012
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