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PORFIRIO DIAZ - L’exil parisien du président mexicain

Par Lepetitjournal Mexico | Publié le 22/07/2013 à 22:00 | Mis à jour le 06/07/2013 à 18:10

En 1911, le Général Porfirio Diaz, président de la république mexicaine depuis trois décennies est poussé à la démission par le mouvement révolutionnaire qui agite son pays. Le président déchu se résout à l'exil et se met en quête d'une terre d'accueil. Son choix est rapide: ce sera la France, son pays de c?ur

Porfirio Díaz (Image: A Escobar C Archive)

Un président très francophile
Dans l'histoire politique mexicaine, la présidence du Général Porfirio Diaz, que l'on appelle Porfiriat, dénote par sa longévité exceptionnelle. Entre la prise de pouvoir du Général, en 1876, et sa démission, en 1911, trente-cinq années se sont écoulées. L'avis des historiens sur cette période diverge. Les uns s'attachent à souligner l'aspect dictatorial du régime et pointent la suppression des libertés publiques, la censure et la répression. Les autres mettent plus volontiers en exergue l'impressionnante expansion économique que connut le Mexique grâce à la politique d'ouverture au monde mise en place par le régime.
Le grand bénéficiaire de cette politique d'ouverture est la France, modèle absolu du président Diaz. Economiquement, il encourage l'implantation des français au Mexique: c'est le temps de l'arrivée des Barcelonnettes sur le territoire mexicain. Très vite, ils contrôleront le secteur textile, plusieurs grands magasins et se hisseront à la tête de plusieurs banques. Intellectuellement, les idées des penseurs français sont mises à l'honneur, celles du positiviste Auguste Comte servent ainsi d'appui théorique à l'administration et au gouvernement du pays. Artistiquement, Porfirio Diaz lance de grands travaux dans la capitale qu'il projette de modeler à l'image de Paris. Le palais national des Beaux-Arts s'inspire, par exemple, du style Art Nouveau, très en vogue dans la France d'alors.

L'exil à Paris
En 1911, le régime porfirien est balayé par la révolution mexicaine qui contraint le président Diaz à la démission puis à l'exil. Francophilie oblige, Paris devient son Ile d'Elbe. Bien qu'il habite un logement situé Avenue Foch, dans le très chic seizième arrondissement de Paris, le train de vie de l'ancien président mexicain est loin d'être fastueux, bien au contraire. Ses maigres rentrées d'argent ne lui permettent de louer qu'un étroit appartement comprenant deux petites chambres et une salle de séjour. Cette simplicité forcée se double d'un isolement plus ou moins volontaire: si peu de ses amis politiques vivant en France et en Europe se pressent Avenue Foch, de son côté, Porfirio Diaz a toujours refusé la fréquentation des cercles d'émigrés mexicains. Avec les années, cette solitude est accentuée par l'âge et l'usure qui le contraignent à limiter ses activités à une simple promenade quotidienne au bois de Boulogne. A ce sujet, il confiera à un journaliste du New York Times qu'il aimait particulièrement ce lieu parisien qui lui rappelait le bois de Chapultepec.

L'éternel exil au cimetière Montparnasse
A plusieurs reprises au cours de sa retraite française, Porfio Diaz avait émis le souhait de reposer à Oaxaca, sa ville natale. Ce ne fut possible ni à sa mort, en juillet 1915, ni par la suite: les multiples initiatives entreprises par sa famille à son décès sont restées vaines et les pétitions mises en circulation à intervalles réguliers par ses partisans sont toujours restées lettre morte. L'ancien chef d'État semble donc condamné à un éternel exil français. Sa sépulture, d'une simplicité égale à celle de sa vie parisienne, se trouve à Paris, au cimetière Montparnasse et attire chaque jour une petite dizaine de visiteurs. Parmi eux, beaucoup de mexicains, nostalgiques de l'époque porfirienne ou admirateurs de Porfirio Diaz. Ils viennent s'incliner sur sa tombe et y déposer un bouquet de fleurs, une image de la vierge de la Guadalupe ou encore une lettre rédigée à l'attention de leur grand homme.

Olivier CHARPENTIER (www.lepetitjournal.com/mexico) mardi 23 juillet 2013

Pour en savoir plus:
HISTOIRE DU MEXIQUE - Porfirio Díaz ou l'art d'être dictateur pendant 34 ans
HISTOIRE - Don Porfirio Díaz, un fou de pouvoir

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