

L'ouragan Patricia s'est nettement affaibli en entrant dans les terres et s'est transformé en dépression tropicale. Il poursuit désormais sa route en direction du Nord-Est du Mexique (Etats de Zacatecas, San Luis Potosi, Cohahuila, Nuevo León et Tamaulipas).Les autorités locales maintiennent cependant leur dispositif d'alerte.
Comme redouté depuis quelques jours, l'ouragan Patricia a frappé la côté pacifique du Mexique. Observé par les météorologues du Centre national des ouragans américain depuis sa formation au large des côtes sud-ouest du Mexique en début de semaine, à l'origine, il ne s'agissait que d'une tempête tropicale. Cependant, l'ouragan a progressivement gagné en intensité jusqu'à atteindre un niveau 5, catégorie la plus haute sur l'échelle de Saffir-Simpson. On considère même désormais qu'il pourrait s'agir du plus grand ouragan enregistré dans le nord du Pacifique et qu'il pourrait avoir des conséquences «potentiellement catastrophiques».
L'?il de l'ouragan a touché le village d'Emiliano Zapata (Jalisco) à 18 h 15 avec des vents soufflants jusqu'à 265km/h. Heureusement, il n'a cependant pas provoqué sur son passage de vagues destructrices. Il devrait toutefois engendrer des vents violents et des pluies torrentielles de Manzanillo à Puerto Vallarta. Par précaution, 15 000 touristes mexicains et étrangers ont donc été placés dans des abris et 10 000 ont été évacués de la station balnéaire Puerto Vallarta. Plus généralement, via son compte Twitter, le gouvernement mexicain, a recommandé aux habitants des Etats voisins de Jalisco, Colima et Nayarit de se mettre à l'abri.
Selon les prévisions météorologiques, Patricia devrait désormais poursuivre sa trajectoire vers le nord / nord-est et donc survoler une zone montagneuse sur laquelle il devrait s'affaiblir mais dont les petits villages risquent toutefois de subir les conséquences : des coulées de boues et des crues notamment.
Pour les experts, l'ouragan Patricia n'est pas une surprise en soi et apparaît comme la conclusion d'une saison cyclonique record dans le Pacifique. Depuis juin, 25 évènements cycloniques majeurs, c'est-à-dire de catégories 3 (vents > à 178 km/h), 4 (> à 210 km/h) et 5 (> à 250 km/h), se sont en effet formés dans le Pacifique. Selon Fabrice Chauvin, chercheur au Centre national de recherches météorologiques de Toulouse, cette multiplication des cyclones dans le Pacifique cette saison s'explique par un phénomène océanique « El Niño » particulièrement actif. Ce phénomène a lieu tous les trois à sept ans et se traduit par un réchauffement important des eaux de surface du Pacifique et une augmentation de l'humidité dans l'atmosphère. Or ces deux phénomènes sont les ingrédients clés de la formation et de la puissance des cyclones tropicaux. Jusqu'en novembre, la vigilance des météorologues doit donc être totale car de nouveaux évènements cycloniques de fortes intensité pourraient à nouveau se former.
Margot Cariou (Lepetitjournal.com/mexico) Samedi 24 octobre 2015







