

Les reggaetoneros, à l'image des emos ou encore des rockers sont facilement identifiables, tant par le type de musique qu'ils écoutent que par leur façon de s'habiller et d'être. Si vous avez déjà croisé dans les rues du Distrito Federal des jeunes écoutant du reggaeton avec des piercings et des tatouages, des jeans très ajustés et des cheveux courts, il y a de grandes chances que ce soient des reggaetoneros.
Photo: ProtoplasmaKid
Le Mexique est témoin d'un phénomène commun à beaucoup de pays d'Amérique latine: le reggaeton. Sa popularité interpelle et est autant décriée que suivie, à un tel point que certains se demandent si ce n'est qu'une mode passagère ou un phénomène qui s'ancrent dans la culture du pays. Ce genre musical a engendré une communauté nouvelle, les reggaetoneros.
Un style de vie qui leur est propre
Le nom de reggaettoneros provient du style de musique le reggaeton (reggae-town). Né au Panama et en Jamaïque et popularisé par les chanteurs de Porto-Rico, le reggaeton est un mélange du reggae et du hip-hop, le tous sur des rythmes latinos. Les messages, parfois machistes de ce style musical tournent autour de l'argent, de la violence et du sexe.
Qui sont ces jeunes ? Ils sont pour la plupart âgés de 13 à 25 ans et viennent des quartiers populaires de la capitale et de sa zone métropolitaine et plus particulièrement des délégations Cuauhtémoc (Tepito et de Santo Domingo), des délégations Gustavo A. Madero, Venustiano Carranza ou encore Iztapalapa et de quelques municipio de l'Etat du Mexique. Ils sont reconnaissables à leur style vestimentaire. Habillés de jeans moulants, de tennis et de casquette pour les garçons, et ayant une coiffure courte à frange et un maquillage exagéré pour les filles, ils ont l'habitude d'écouter leur musique à plein volume. Leur façon de danser est également caractéristique du groupe, elle est faite de mouvements provocants et suggestifs, et est appelée el perreo. La plupart ont quitté le système scolaire tôt et sans diplôme, et vivent du commerce informel, ou encore la délinquance. La consommation de mona, un solvant, est fréquente chez les reggeatoneros, son prix bon marché d'environ 20 pesos en facilite l'accès. Cette drogue, en plus de l'alcool, fait partie des éléments indispensables des fêtes reggaetoneros.
Une jeunesse rejetée et mal considérée
Un certain nombre de reggaetoneros se rassemblent et viennent se recueillir, la figure du saint à leur bras chaque 28 de chaque mois à l'église San Hipólito (au nord-ouest de l'Alameda Central) pour le culte à San Juda de Tadeo, patron des drogués, des délinquants et des causes perdues.
Les autorités de la ville prennent de plus en plus aux sérieux le phénomène des reggaetoneros. Ils sont accusés de débordement et de déranger la population. Des vols, des bagarres et des perturbations sur les voies de communications (métro et route) sont souvent constatés lors de leur regroupement. Beaucoup d'entre eux ont déjà fréquenté les maisons de correction et la prison. Le 4 août dernier, plusieurs groupes de reggaetoneros voyageaient en métro en direction de la station de métro chabacano pour un de leurs regroupements. Sur le chemin, une rixe a eu lieu entre ces derniers et un groupe de lycéens de vocacional (lycéen de l'université polytechnique), ce qui provoqua l'arrestation de 70 personnes. Ces jeunes abandonnés, par le système et considérés comme des délinquants, sont dénigrés et rejetés. Le sont-ils à tort ou à raison ?
Cédric Chauvin (www.lepetitjournal.com/mexico) jeudi 13 décembre 2012
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