

Depuis quelques années, les Defeños branchés sont retombés amoureux du Centre Historique. Cet engouement pour les vieilles pierres restaurées a fait bondir les prix de l'immobilier dans la zone
Un des immeubles destinés aux locations, dans la rue Donceles. (Photo : FCH)
Alors que, depuis quelques années, le Centro Histórico renaît de ses cendres, ses beaux immeubles anciens conquièrent une population inhabituelle pour le quartier. Yuppies fortunés et jeunes artistes branchés repeuplent le Centre, longtemps laisséàdes occupants de souche beaucoup plus modeste, voire pratiquement abandonné(un million d'habitants en 1900, 80.000 aujourd'hui).
Une multitude d'immeubles, qui datent majoritairement de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème, témoignent du passéflorissant de la zone, véritable centre d'affaire et culturel de la ville. Les membres de la bourgeoisie s'y disputaient de splendides appartements et hôtels particuliers. Aujourd'hui, beaucoup de ces petits bijoux ont toujours les vitres cassées et la porte d'entrée condamnée mais d'autres ont étésauvés. Des promoteurs immobiliers ont investi mais le gros du travail a étéréaliségrâce àla Fondation du Centre Historique, chaperonnée par le multimilliardaire Carlos Slim.
La Fondation a rachetéprès de 90 immeubles dans le Centre, afin de les retaper de fond en comble pour vendre les appartements àl'unitéou bien pour les louer. Le quartier a été"découpé"en quatre zones, qui ont chacune leur cible. Au nord, le Corredor del Entretenimiento a pour vocation d'accueillir des salles de spectacles et de concerts. Plus bas, on trouve le Corredor Financiero, qui abritait jadis les établissements bancaires et voudrait les voir revenir. Vient ensuite le Corredor Tecnológico, qui cherche àattirer des entreprises spécialisées dans les nouvelles technologies. Le Corredor Cultural ferme la marche au sud, au niveau de Salto del Agua;il cible, lui, les galeries et les ateliers d'artistes.
Jusqu'à30.000 pesos le m2, comme àSanta Fe
Comme l'explique Pablo Aboumrad, le responsable du Corredor Cultural, "la majoritédes espaces d'habitation se trouvent dans le Cultural et dans le Financiero, mais ce n'est pas du tout le même type d'offre". Le Corredor Financiero abrite les plus beaux appartements. Souvent grands (150m2 en moyenne), ils ont étédécorés façon loft, pour séduire une clientèle de gros moyens et très exigeante. Là, les appartements se négocient àdes prix équivalents àceux de Santa Fe, autour de 30.000 pesos le mètre carré.
Dans le Corredor Cultural, la Fondation souhaite donner àde jeunes artistes l'envie d'occuper le quartier, aussi bien pour y travailler que pour y vivre. Les logements, des espaces de taille moyenne (60-80m2) et aux finitions plutôt simples, sont très abordables (3.000 pesos le m2 àl'achat) et partent comme des petits pains.
"Oùque ce soit, nous voulons des gens qui ont souhaitent sincèrement voir revivre ce quartier", ajoute Pablo Aboumrad. Tout ce beau monde ne devra cependant pas avoir peur du côtélégèrement ghetto, de l'absence de supermarchéet d'école pour les enfants.
Mais du côté des investisseurs, il est certain que l'anticipation aura eu des résultats en or. Pour les intéressés, la rumeur veut que Slim, qui est loin d'être juste un philanthrope, soit àprésent en train de jeter son dévolu sur une autre colonia dont le lustre passédevrait pouvoir se récupérer : Santa Maria la Ribera?
Camille VAYSSETTES. (LPJ) 27 mars 2006
Lire notre article URBANISME - Le Centro, du hype qui revient de loin
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