À l'occasion de l'anniversaire de la naissance de Benito Juárez, le Mexique s'apprête à profiter d'un week-end prolongé. Hommage à ce Président d'origine indigène qui toute sa vie a ?uvré pour sa patrie et qui demeure un symbole pour le pays
Monument à la gloire de Benito Juárez, en plein coeur de Mexico (source : AFP)
Fidèles à la mémoire de leurs ancêtres, les Mexicains se voient gratifiés d'un jour de congé lundi prochain, en hommage à Benito Juárez, né en 1806. Fils d'agriculteur d'origine Zapotèque, il fut élevé par ses grands-parents puis par son oncle qui l'initie au métier de gardien de chèvre. Le jeune Benito rejoint ensuite sa s?ur dans la ville coloniale de Oaxaca où il est embauché en tant que domestique dans une maison bourgeoise. Analphabète à son arrivée, il est remarqué pour ses facultés intellectuelles et rejoint le séminaire de Santa Cruz pour étudier le latin, la philosophie et la théologie. Ne trouvant pas sa vocation dans la religion, il entreprend des études de droit puis devient avocat et entre chez les Francs-Maçons. Sa clairvoyance doublée d'une volonté sans faille l'amène alors à la politique: député fédéral à 27 ans, il devient gouverneur de Oaxaca en 1847. Libéral, il s'implique dans la vie sociale de la région et acquière une solide renommée. Après un exil politique aux États-Unis, il est nommé en 1957 Président de la Cours Suprême de Justice du Mexique, puis, l'année suivante, devient Président de la République.
Un règne tourné vers la modernité
A la tête du pouvoir, Benito Juárez signe à Veracruz les "lois de la réforme"(Leyes de Reforma) qui viennent abolir les privilèges de l'Église, introduire la notion de propriété privée et ouvrir la voie à la liberté d'expression. Marqué par son passé, il fait de l'éducation l'une de ses priorités: "fondamentale pour le bonheur social;c'est le principe sur lequel repose la liberté et l'expansion des peuples". Pour rétablir une économie ravagée, il décide de suspendre le remboursement de la dette extérieure, avec pour conséquence l'invasion française de 1861. Dans un pays à feu et à sang, il est finalement réélu Président par le peuple mexicain et entreprend de pacifier le pays, tout en prenant des mesures libérales et réformatrices qui auront des effets à long terme pour le pays. Son décès d'une angine de poitrine en 1872 dans sa chambre du Palacio Nacional laisse le pays orphelin. Parti de rien et devenu héro patriotique, ses actions en faveur d'une démocratie moderne en font un des symboles du Mexique. Déclaré "Bienfaiteur des Amériques"par la Colombie de son vivant, la ferveur autour du personnage est toujours aussi grande: entre sculpture et nom de rue, sa présence demeure inévitable !
Eddy RABIN. (www.lepetitjournal.com - Mexico) vendredi 16 mars 2007







