

Caroline Curnier, 21 ans, a déjà trouvé sa voie. Titulaire d'une licence à l'école de commerce et développement 3A à Lyon, c'est au Mexique qu'elle s'est installée et qu'elle continue son petit bout de chemin au côté de l'association civile Gente como Nosotros, destinée à développer des alternatives économiques dans les communautés indigènes. Rencontre avec cette jeune française, inspirée et inspirante
LePetitJournal.com: Qu'est-ce qui vous a amenée au Mexique?
Caroline Curnier: Au cours de mes trois années d'étude, j'ai eu l'occasion d'effectuer plusieurs stages, notamment au Pérou pendant 4 mois dans une communauté indigène autour du tourisme solidaire. Ensuite, après un semestre d'échange au TEC de Monterrey à Xochimilco, j'ai réalisé un stage dans une agence de tourisme alternatif à Mexico, ce qui m'a permis de voyager dans tout le pays, de découvrir ses nombreuses facettes et d'aller à la rencontre des communautés. Cette expérience m'a beaucoup marquée. Ce que j'aime dans le Mexique, c'est sa grande diversité. La diversité culturelle, des climats, de la nature, des paysages, des communautés. Le Mexique est immense ; tu as l'impression de voyager dans plusieurs pays en un seul et les habitants sont tous plus accueillants les uns que les autres. Je m'étais promis de revenir, ce que j'ai fait 3 mois plus tard, en janvier dernier.
Comment vous êtes-vous engagée dans cette association?
Comme on dit souvent, le hasard fait bien les choses. Je donnais des cours de français et un de mes élèves n'était autre que l'un des co-fondateurs de l'association. Trois mois plus tard, il me proposait de travailler avec eux. En effet, je ne suis pas bénévole. Nous sommes 3 au total : Daniel, Rodrigo, les co-fondateurs, et moi. Il y a donc beaucoup de travail !
Justement retracez-nous un peu l'histoire de Gente Como Nosotros
Il y a environ 3 ans, Daniel et Rodrigo se sont rendus à San Pedro Jocotipac, dans la Sierra Mixteca de Oaxaca pour découvrir la plus grande réserve de guacamayos (aras). San Pedro Jopotipac, qui vit de la récolte du maïs, du frijol et de la palma, les a marqués par sa grande pauvreté et désolation. Les habitants avaient perdu toutes les récoltes il y a deux ans à cause des pluies intenses et l'année suivante à cause de la sécheresse. Une grande partie de la population est donc contrainte à quitter le village. L'idée leur est donc venue de trouver une alternative économique à cette communauté. Contrairement à d'autres organisations, nous ne donnons pas d'argent au village et nous n'en demandons pas non plus aux entreprises qui acceptent de nous soutenir. Nous sommes convaincus qu'il ne faut pas alimenter une culture de l'assistanat mais permettre aux habitants de générer leurs propres revenus en leur donnant du travail et en leur assurant des débouchés.
reBOLSAble, notre projet phare, a pour but de collecter des toiles des panneaux publicitaires auprès des entreprises du Distrito Federal, pour ensuite les envoyer à San Pedro Jocotipac où la communauté les utilise pour en faire des sacs à main. En plus de recycler des quantités de toiles qui vont aller à la poubelle, ce projet permet donc de créer de l'emploi.
Pour mener à ben ce projet, Daniel et Rodrigo ont créé un atelier de fabrication de sacs et formé des habitants qui sont en majorité des jeunes femmes. Dans une communauté où le machisme est très présent, Il s'agissait également de permettre aux femmes de ramener le pain à la maison. En ce moment, il y a entre 24 et 28 personnes qui travaillent dans l'atelier pour un village de 796 personnes.
La commercialisation des sacs nous permet de les rémunérer pour leur travail mais aussi d'investir dans des projets communautaires (création de toilettes sèches, système de rétention d'eau de pluie) et de faire des recherches pour l'amélioration de leur quotidien en général. Nous avons récemment découvert de nouveaux poêles qui s'allumeraient avec de la biomasse et qui permettraient d'éviter tous les problèmes de santé causés par la fumée très nocive des poêles traditionnels au bois. Ils permettraient également de lutter contre la déforestation.
Comment pouvons-nous aider?
Le plus important pour nous est de vendre les sacs. En effet, l'atelier de fabrication de San Pedro Jocotipac en produit 800 par jour! Nous sollicitons donc les particuliers et les entreprises par le biais de leurs départements responsabilité sociale, marketing (dans le cadre d'une offre promotionnelle) ou encore des Ressources Humaines (cadeaux aux employés).
Marine Nouvel (www.lepetitjournal.com/mexico) mardi 11 octobre 2011
Site internet: http://gentecomonosotros.org
Contact: carohaiti@hotmail.fr







