En poste depuis le 11 septembre 2014, Eric R. Mercier est le nouveau Délégué général du Québec à Mexico. Ancien officier de la Marine canadienne, ancien député, chef de cabinet et conseiller auprès du gouvernement du Québec, il coordonne les actions de la Délégation, qui organise cette année la Semaine de la francophonie. Entretien.
Pourquoi le Québec organise cette année la Semaine de la francophonie ?
Je voulais qu'en cette année du 35e anniversaire de la présence de la Délégation générale du Québec à Mexico on puisse prendre le flambeau. Et en même temps, dans ce contexte où le Mexique est maintenant membre observateur de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), cela fait sens. C'est une occasion rêvée pour le Québec d'être au même diapason que nos collègues mexicains. Pour moi, la francophonie économique est très importante. Nous nous réjouissons que Michaëlle Jean, qui était gouverneur général du Canada, ait été désignée Secrétaire générale de l'OIF. C'est pour toutes ces raisons que j'ai accepté que le Québec soit le coordinateur de cet événement.
Eric R. Mercier, Délégué général du Québec à Mexico. (Photo Tristan Delamotte)
Quelles sont les priorités du Québec au Mexique ?
C'est le rayonnement du Québec. J'ai été nommé pour renouveler des liens très étroits avec le gouvernement fédéral mexicain et avec nos Etats prioritaires (Jalisco, Nuevo León et Guanajuato), avec lesquels nous avons des accords de coopération en matière de culture, d'éducation et d'économie. Nous faisons des affaires régulièrement avec ces Etats, ce qui est très bien pour une nation comme le Québec. Nous avons aussi un groupe de travail Québec-Mexico qui soutient financièrement des projets conjoints en culture, en éducation et en recherche et innovation. Je souhaite explorer aussi d'autres possibilités car au niveau économique le Mexique a beaucoup changé. Mon mandat est de faire rayonner le Québec comme nous l'avons toujours fait, peut-être plus encore, dans un contexte budgétaire que je dois respecter.
Il y a des contraintes budgétaires ?
Comme partout. Au Québec, cette année, nous devons atteindre un équilibre budgétaire. C'est un défi mais au bénéfice de nos générations futures. J'amorce ce mandat avec enthousiasme. Je suis heureux d'être ici. Je connais bien le Mexique. Nous devons faire des efforts pour que le Québec rayonne encore plus au niveau économique, culturel, éducatif. Pour cela, nous allons réinventer ce que nous faisons de mieux avec autant d'efficacité.
Le rayonnement du Québec passe donc par le secteur économique ?
Notamment. Nous avons plus ou moins 600 entreprises québécoises qui font des affaires avec le Mexique. Ce pays est notre premier partenaire commercial en Amérique Latine et le troisième à l'international.
Quels secteurs sont concernés ?
Nous sommes présents dans plusieurs secteurs de pointe tels les transports. C'est le cas notamment de Bombardier, qui est un fer de lance historique. Nous organisons régulièrement des missions commerciales afin d'encourager les échanges entre entreprises québécoises et mexicaines. Cette année, nous avons par exemple reçu une importante mission dans le domaine des technologies de l'information et de la communication, en présence du ministre de l'Economie, M. Jacques Daoust. Nous sommes également présents dans l'automobile, avec le moulage des plastiques, car le Mexique est en pleine effervescence dans ce domaine.
Eric R. Mercier. (Photo Tristan Delamotte)
Vous organisez régulièrement des sessions d'information sur comment venir étudier ou travailler au Québec. Vous êtes en recherche de main-d'oeuvre ?
Nous recherchons effectivement des étudiants qui veulent connaître le Québec et ses réputées institutions d'enseignement, et peut-être un jour pour y résider et y travailler. Nous avons certes besoin de main-d'oeuvre qualifiée dans les domaines qui touchent les technologies mais aussi dans d'autres secteurs plus traditionnels. Le Québec se doit d'être hautement compétitif par rapport à d'autres nations en ce contexte actuel de marché mondial.
Quelles sont les destinations préférées des Québécois et des Canadiens ?
Il y a à peu près 1 million de Canadiens qui viennent en vacances tous les ans, ou qui possèdent un pied-à-terre au Mexique, dont 200-300 000 Québécois. Habituellement mais non de façon systématique et en raison de l'offre annuelle des transporteurs aériens bien sûr, ceux qui vivent à l'Est du pays préfèrent Cancun, la Riviera Maya. Mais il y a aussi beaucoup de Québécois qui choisissent Puerto Vallarta car il y a des liaisons directes depuis Montréal notamment. Les Canadiens de l'Ouest vont davantage prioriser de façon générale la côte ouest du Mexique bien que cela ne soit pas une règle : Puerto Vallarta évidemment, mais aussi Manzanillo, Mazatlán... Il y a peu de Québécois qui visitent la ville de Mexico et je souhaiterais qu'il y en ait plus. J'aimerais faire mieux connaître le Mexique, et sa capitale par exemple qui est passionnante en termes de culture et d'architecture, auprès des Québécois. Cet été, Air Canada va d'ailleurs revenir avec des offres de vols directs Mexico-Montréal.
Jean-Marie Legaud et Tristan Delamotte (Lepetitjournal.com/mexico) Lundi 16 mars 2015







