


Cuauhtémoc Blanco est indéniablement le meilleur joueur mexicain de sa génération. A 32 ans, l’attaquant demeure une star du ballon rond grâce à sa technique et sa vista. Toutefois, bizarrement, Blanco n’a jamais remporté de trophée majeur. Ainsi, en 13 ans d’une splendide carrière, il n’a jamais réussi à accrocher le titre national à son palmarès.
En 1998, il dispute sa seule finale avec Necaxa, un autre club du D.F. avec lequel il commet une infidélité, mais il s’incline contre Toluca. Et, en 2002, quand America, son club de toujours, enlève le championnat, Blanco s’est exilé en Espagne, à Valladolid, où il ne fera qu’un passage fugace et peu remarqué.
Ce soir, puis dimanche, contre Tecos, Cuauhtémoc Blanco aura l’occasion de réparer cette injustice sportive en disputant avec son club, l'America, la finale du championnat mexicain. Le club du D.F. sera favori, même si les universitaires de Guadalajara ont réalisé une très belle saison.
Comique, macho et violent !
Cuauhtémoc Blanco a grandement contribué à la qualification de son club en inscrivant deux buts en demi-finale aller, contre le grand rival Cruz Azul. Le meneur de jeu des Azulcremas (la couleur du maillot americanista) a comblé les supporteurs qui lui vouent un véritable culte. Enfant de Tepito, Blanco est en effet le véritable symbole de l’America. Il a débuté tout gamin aux Aguilas, avant d’y effectuer une très grande partie de sa carrière.
Toutefois, Cuauhtémoc Blanco n’est pas un personnage tout… blanc. L’idole présente de nombreux travers. Comique : il fête ses buts en mimant un chien qui pisse sur un arbre ! Macho : il conseille à un arbitre femme de retourner laver la vaisselle ! Violent : il fait le coup de poing avec des journalistes qui l’ont critiqué !
Bref, El Temo est un personnage contrasté : aussi adulé que détesté. Mais, sur le plan footballistique, son impact est incontestable. Ce soir, America sait qu’il possède avec son attaquant d’un atout qui doit lui permettre d’être champion. Et, pour Blanco, c’est le moment où jamais.
Bruno CALABRO. (LPJ) 26 mai 2005







